gravure exécutée en 1899
Dimensions toute la feuille 25x17 centimètres
Document authentique et original du XIXe siècle
Philippe Grenier, né à Pontarlier le 14 août 1865 et mort dans la même ville le 25 mars 1944, est un médecin et homme politique français, notamment le premier député musulman de l'histoire de France.
Né à Pontarlier (Doubs), il est le fils d'Hippolyte Grenier, capitaine de cavalerie, membre de l'état-major de Napoléon III ayant servi dans les chasseurs d'Afrique à Mostaganem (Algérie), et de Marie Thiébaud, fille de Charles Thiébaud, notaire de Pontarlier. Son père meurt le 4 juin 1871 alors que son fils Philippe n'a que six ans. Effectuant ses études secondaires à Besançon, il obtient son baccalauréat et est étudiant de la faculté de médecine de Paris de 1883 à 1890, avant de s'installer à Pontarlier où il ouvre un cabinet. Cette année-là, il rend visite à son frère cadet à Blida en Algérie française, ce qui marquera le début de sa révélation pour la culture musulmane de l'Empire colonial français. Considérant que "la France maintient les Algériens musulmans dans la misère et des injustices sociales", de retour en métropole, il se met à étudier le Coran. Quatre ans plus tard, en 1894, lors d'un deuxième voyage à Blida, il se convertit à l'islam. À la suite de sa conversion, il se rend à La Mecque à 29 ans et adopte la tenue traditionnelle des musulmans algériens : gandoura portée sous un burnous. Il se fait élire conseiller municipal de sa ville et s'intéresse aux questions d'hygiène publique et d'aide aux nécessiteux grâce à son statut de médecin. C'est à la suite de la mort de Dionys Ordinaire, l'ancien député de Pontarlier (Doubs), que le docteur Grenier décide de tenter sa chance à l'élection partielle qui est organisée. Menant une campagne électorale modeste, il devient la risée de la presse qui se moque de ses « exubérances vestimentaires » (bottes marocaines, gandoura, burnous et turban). Malgré cela, et grâce à un discours convaincant, son programme social ambitieux pour l'époque lui permet de décrocher le sésame pour le Parlement au second tour avec 51 % des voix et après un coup de théâtre électoral, le 20 décembre 1896. Ce jour-là, il devient le premier député musulman de l'histoire de France. Député du Doubs de 1896 à 1898, il est la curiosité de la presse de l'époque. La presse l'accuse tantôt de posséder un harem, tantôt de baiser le tapis de l'entrée de la Chambre des députés ou encore de se laver continuellement les pieds.
Sur le conseil
de Jean Jaurès, il devient le « député des musulmans de
France », il se rend souvent en Algérie française pour le besoin
d'enquêtes parlementaires. La plupart de ses propositions portaient sur
l’amélioration du sort des sujets musulmans de la France en Algérie, mettant en
garde de manière prophétique contre les risques de « troubles très
graves » en Algérie si on continuait à ignorer ses propositions. À la
suite de ses prises de position éthiques et de son combat pour la
respectabilité de l'islam français, les électeurs de Pontarlier l'accusent
d'oublier d'où il vient et qui il représente à la Chambre des députés.