La Grande Histoire du Karaté Shôtôkan
Harry Cook
Traduit de l'anglais par Alex Febo
©2001 Harry Cook - Sous le titre « Shotokan Karate, a precise history », Dragon Associates Inc., USA.
©2004 Budo Éditions (77123 Noisy-sur-école, France) - Éditions de l'Éveil, pour la traduction française.
Sommaire
Avant-propos
Préface
Remerciements
Introduction
Chapitre 1 - Okinawa
Chapitre 2 - Le Shôrin-ryû, ancêtre du Shôtôkan
Chapitre 3 - Gichin Funakoshi
Chapitre 4 - Le Japon prend les armes
Chapitre 5 - La renaissance du Shôtôkan
Chapitre 6 - La constellation JKA
Chapitre 7 - Le Shôtôkai
Chapitre 8 - L'âge d'or du Shôtôkan
Annexe A - Notes
Annexe B - Les katas du Shôtôkan
Annexe C - Livres sur le Shôtôkan
Annexe D - Les vingt préceptes de maître Funakoshi
357 pages
Grand format : 22 x 30,8 x 3,2 cm
Très bon état (voir les photographies)
Avant-propos
Gichin Funakoshi, le père fondateur du karaté Shötőkan, était un habitant d'Okinawa dont l'ambition dépassait les rivages de sa petite île. Il était maître d'école de profession et pratiquait le shuri-te. En 1922, il décida de s'exiler à Tokyo afin d'enseigner l'art de combat de sa terre d'origine aux Japonais.
A son arrivée dans la ville, Funakoshi Sensei, homme aux faibles revenus, vécut des temps difficiles dans un hôtel connu sous le nom de Meisei juku. A force de détermination et d'acharnement au travail, il fonda, au sein des universités japonaises, des clubs dans lesquels il enseignait le karaté aux étudiants. De ces modestes débuts au Japon, le karaté Shőtökan s'est développé et s'est répandu dans le monde entier jusqu'à devenir le style le plus pratiqué. Ainsi, la contribution du maître est d'une importance primordiale dans l'histoire du karaté moderne.
L'autre apport majeur de Funakoshi Sensei fut de former des instructeurs qualifiés qui enseignaient leur art au Japon mais aussi à l'étranger. De la sorte, un véritable réseau de professeurs compétents fut mis en place au niveau international. Le karaté pouvait alors franchir les frontières culturelles et linguistiques et unir des peuples différents dans la pratique d'une passion commune. Cette grande réussite force le témoignage de mon plus profond respect pour le maitre.
A l'heure où s'ouvre, devant nous, un nouveau millénaire, il est primordial pour le futur du karaté, que nous continuions à former et instruire des pratiquants sérieux et respectueux de la tradition. Il est fondamental que nous nous tournions vers nos racines, que nous cherchions et apprenions la véritable histoire de notre art afin de créer une base solide à partir de laquelle nous développer.
Ce livre de Harry Cook est opportun et contribue de manière significative à ce vers quoi nous tendons. Je connais M. Cook depuis de nombreuses années maintenant et je sais que sa recherche sur l'art et l'histoire du karaté Shotokan a été faite de manière minutieuse et appliquée. Ce livre devrait avoir une place attitrée dans la bibliothèque des pratiquants de Shotokan mais aussi de tout passionné d'arts martiaux. Une connaissance approfondie de l'histoire du karaté en général est la condition nécessaire à la poursuite de notre développement personnel conduisant à l'objectif ultime : la maitrise de l'art.
Funakoshi Sensei le faisait d'ailleurs remarquer :
C'est en cherchant dans le passé
Que l'on comprend le présent.
Passé, présent,
Tout n'est qu'affaire de temps qui passe.
Je souhaite que ce livre apporte beaucoup de succès à M. Cook et je lui présente mes félicitations les plus sincères.
Morio Higaonna,
mars 2001
Préface
Des siècles durant, le karaté fut enseigné sur la petite ile d'Okinawa, dans le Pacifique. L'art a laissé très peu de traces écrites de sorte que, quand il est sorti des sphères secrètes, il était chargé de mythes et de légendes. Quand il commença à être pratiqué au niveau international, aucune instance ne faisait autorité ni veillait à son développement. Au contraire, une multitude d'écoles et de styles différents tentaient d'imposer leurs propres idées, leurs techniques et leur point de vue sur les origines de l'art.
Pour celui qui étudie l'histoire du karaté, ces querelles ont généré la confusion. Les sources sont éparses et amputées, en outre, qu'elles soient sous forme de livres, d'articles de magazines ou encore de souvenirs personnels, elles sont généralement incomplètes, fausses, voire contradictoires. Cependant, bien que ces conditions déplorables rendent l'étude historique de l'art difficile et frustrante, elles contribuent également à rendre cette étude fascinante: l'obscurantisme de rigueur nous incite à rechercher chaque indice et à nous fier entièrement à celui-ci. C'est ainsi que, petit à petit, une histoire plus humaine, souvent plus intéressante, et radicalement différente de la version officielle se construit.
Peu de gens hormis Gichin Funakoshi peut-être - sont aussi aptes que Harry Cook à raconter cette histoire du karaté Shotokan. Je connais Harry depuis plus de trente ans maintenant. C'est à cette époque que nous avons débuté en Shotokan. Harry n'a cessé de pratiquer depuis. En fait, il avait commencé par le style Wado-ryû. Durant de nombreuses années, il vécut au Japon où il s'entraînait au célèbre dojo Yoyogi du maitre de Gojů-ryū, Morio Higaonna. Harry qui, grâce aux efforts dont il a fait preuve, est devenu un karatéka efficace, a manifesté un intérêt de longue date pour l'histoire de son art ainsi qu'un enthousiasme modéré comme il se doit par une vision réaliste et globale de son sujet d'étude. Dès ses débuts, il a rassemblé des documents traitant de l'historique du karaté. Il a discuté avec plusieurs experts impliqués au premier chef dans cette grande histoire et a fait preuve de persévérance dans ses recherches. Il a ainsi, au fil des ans et des lieux visités, mis à jour de nombreux documents sur support papier (livres et magazines). Son ouvrage est le fruit de cette recherche de longue haleine.
Harry y traite de l'histoire du Shotokan avec autant de clarté et de véracité que possible. II retrace les origines lointaines du karaté sur l'ile d'Okinawa et remonte jusqu'au développement planétaire que connait l'art aujourd'hui. Ce livre tombe à point, au tournant d'un siècle dans lequel les arts martiaux ont subi de profondes modifications. Le développement du Shotokan, au cours de l'ère qui s'est achevée, a été un des faits majeurs dans l'histoire du karaté et ce livre, sera une aide précieuse à toute personne intéressée par l'histoire de l'art martial en général. je le recommande de tout mon coeur.
Graham Noble,
janvier 2001