Superbe Exemplaire des Fleurs Animées


52 Planches Aquarellées


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JJ GRANDVILLE

Les Fleurs Animées

Paris, Librairie Martinon & Gonet, c. 1857

In-4, demi-chagrin violet, plats chagrinés de la même teinte


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COMPLET


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54 PLANCHES soit


2 frontispices en couleurs


& 50 planches en couleurs


& 2 planches en noir


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Un des grands livres illustrés par J.J Grandville


Les Fleurs animées comptent parmi les inventions les plus séduisantes de Grandville : l’artiste y transforme les fleurs en femmes, en caractères, en types sociaux et en allégories, dans une fantaisie où la botanique devient comédie humaine.Publié dans la grande tradition du livre romantique illustré, l’ouvrage associe les compositions de Grandville aux textes d’Alphonse Karr, Taxile Delord et du comte Foelix. Chaque fleur y reçoit une âme, une attitude, une destinée, comme si l’herbier se changeait en théâtre mondain, poétique et satirique.

C’est l’un des livres les plus emblématiques de cette veine du XIXe siècle où l’illustration ne commente plus seulement le texte, mais en constitue le véritable principe d’invention.


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ETAT : intérieur propre,qqs rousseurs ; reliure solide, propre, petits accrocs & petits manques,  frottements en coins, mors coiffes...


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PRECIEUX


sans réserve


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Jean-Ignace-Isidore Gérard, dit Grandville (1803-1847), né à Nancy dans une famille d’artistes, s’imposa comme l’un des dessinateurs, caricaturistes et illustrateurs les plus originaux du romantisme français. Formé d’abord dans l’atelier de son père, il acquit une célébrité presque immédiate avec Les Métamorphoses du jour, publiées en 1829, où il prête aux hommes des têtes et des comportements d’animaux pour mieux observer les ridicules de la société contemporaine. Il participa alors au prodigieux développement de la presse satirique parisienne, dans le même univers éditorial que Charles Philipon, Honoré Daumier ou Henry Monnier, et collabora notamment à La Silhouette, journal auquel Balzac était lui-même associé. La révolution de 1830 puis les lois restreignant la caricature politique conduisirent progressivement Grandville vers l’illustration littéraire, domaine dans lequel son imagination trouva un champ plus vaste encore. Il donna ainsi une interprétation devenue classique des Fables de Jean de La Fontaine, auxquelles il consacra plusieurs centaines de compositions, et illustra également des œuvres de Daniel Defoe, ainsi que de nombreux livres collectifs caractéristiques de l’édition romantique. Sa Vie privée et publique des animaux, dirigée par Pierre-Jules Hetzel sous le pseudonyme de P.-J. Stahl, le plaça au centre d’une véritable constellation littéraire : Honoré de Balzac, George Sand, Charles Nodier, Jules Janin, Émile de La Bédollière, Louis Baude, Édouard Lemoine et Louis Viardot comptent parmi les collaborateurs de l’entreprise, auxquels les éditions ultérieures ajoutèrent notamment Alfred de Musset, Paul de Musset et Gustave Droz. Cette alliance du texte et de l’image caractérise toute son œuvre : chez Grandville, l’illustration ne se contente jamais d’accompagner l’écrivain, mais invente un univers parallèle, parfois plus étrange et plus incisif que le récit lui-même. Son goût pour l’animal humanisé prolonge naturellement la tradition de La Fontaine, mais aussi celle de Jonathan Swift et de Daniel Defoe, tandis que son sens du grotesque et du fantastique appartient pleinement au climat littéraire qui vit également s’épanouir Victor Hugo, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Gérard de Nerval ou Eugène Sue. Charles Baudelaire devait lui-même consacrer une place importante aux caricaturistes de cette génération dans sa réflexion sur l’art moderne, même si son jugement sur Grandville fut plus réservé que celui porté sur Daumier. Avec Un autre monde, publié en 1844, Grandville poussa encore plus loin son imagination, créant des êtres hybrides, des objets animés, des machines absurdes et des paysages de rêve qui rompent presque entièrement avec la représentation réaliste. La BnF souligne à juste titre que les surréalistes redécouvrirent plus tard cette œuvre et virent en Grandville un précurseur : ses transformations du corps, ses associations impossibles et sa logique du rêve annoncent en effet certains procédés qui séduiront au XXe siècle les écrivains et artistes attachés au fantastique et à l’inconscient. Mort prématurément à quarante-trois ans en 1847, Grandville laisse ainsi une œuvre considérable qui se situe à la frontière de la caricature, de la littérature, de l’illustration et du rêve, et qui demeure l’une des expressions les plus singulières de l’imaginaire romantique français.