EXCEPTIONNELLE DANSE MACABRE
60 BOIS GRAVéS
COMPLET
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La Grande Danse Macabre des Hommes et des Femmes
historiée & renouvellée du vieux Gaulois,
en langage le plus poli de notre temps...
Troyes, Jean-Antoine Garnier, 1728
In-4, percaline noire XIXe, 76 pp.
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MAGNIFIQUE DANSE MACABRE
illustrée de 60 BOIS GRAVéS
PARFAITEMENT
COMPLET
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Superbes gravures dans un style mêlant imagerie
populaire & esthétique du Moyen-Age...
Les bois sont d'ailleurs interprétés d'une édition de la fin du XVe siècle
La date de 1728 au colophon est celle utilisée par Garnier,
cependant le tirage fut plutôt exécuté c. 1770
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"Cette édition troyenne de la Grande Danse macabre appartient aux productions les plus célèbres de la Bibliothèque bleue. Abondamment illustrée de bois gravés, elle fait défiler devant la Mort les représentants de toutes les conditions sociales, du pape et de l’empereur aux figures les plus modestes. La Danse proprement dite est complétée par plusieurs textes consacrés à la mort, au salut et au Jugement dernier, notamment le Débat du corps et de l’âme et la Vie du mauvais Anté-Christ. Par l’alliance du texte et d’une imagerie volontairement expressive, l’ouvrage perpétue au XVIIIe siècle une tradition iconographique et littéraire née à la fin du Moyen Âge."
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Textes ajoutés à la Danse macabre :
Débat du corps et de l’âme (pp. 59-64), illustré de 4 bois gravés ;
Complainte de l’âme damnée (pp. 64-65), ornée d'1 bois ;
Exhortation de bien vivre & de bien mourir (pp. 66-67), accompagnée d’un bois gravé ;
Signes précédant le Jugement dernier (pp. 68-70), avec 1 bois ;
La Vie du mauvais Anté-Christ (pp. 70-72), illustrée d'1 bois ;
Quinze signes du Jugement (pp. 72-76).
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ETAT : intérieur en bon état pour cet ouvrage populaire souvent "ruiné" ; reliure percaline modeste mais correcte, fentes aux mors, manques en coins & coiffes, frottements. BIEN VOIR LES PHOTOS POUR JUGER L'ETAT
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Précieux
sans réserve
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La Danse macabre est l’une des créations les plus puissantes de l’imaginaire européen de la fin du Moyen Âge. Son principe est celui d’un défilé dans lequel la Mort vient successivement chercher des hommes et des femmes de toutes conditions, rappelant l’égalité de chacun devant sa fin. L’un de ses premiers grands témoignages monumentaux fut peint vers 1424-1425 au cimetière des Innocents à Paris, accompagné de vers qui contribuèrent à diffuser le thème. Le poète Jean Gerson a longtemps été associé à ces textes, bien que leur attribution demeure discutée. À la fin du XVe siècle, l’imprimerie donne au motif une diffusion nouvelle : Guyot Marchant publie à Paris en 1485 sa célèbre Danse macabre des hommes, bientôt complétée par celle des femmes, avec des bois qui deviennent un modèle pour de nombreuses éditions européennes. Le thème rencontre alors celui des Trois Morts et des Trois Vifs et l'immense littérature médiévale du memento mori. En Allemagne, Michael Wolgemut et Wilhelm Pleydenwurff donnent dans la Chronique de Nuremberg de Hartmann Schedel une spectaculaire danse des squelettes, tandis qu’au début du XVIe siècle Hans Holbein le Jeune renouvelle profondément le genre. Ses Simulachres et historiées faces de la Mort, publiés à Lyon par les frères Trechsel en 1538 avec des vers de Gilles Corrozet, transforment le cortège médiéval en une succession de petites scènes où la Mort surgit au milieu des activités quotidiennes. Le motif demeure vivant aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce aux éditions populaires, particulièrement celles de Troyes, qui maintiennent les anciennes compositions dans la culture de la Bibliothèque bleue. Il dépasse cependant très largement le livre : peintures murales, gravures, sculptures et cycles funéraires en assurent la permanence à travers l’Europe. À l’époque romantique, la sensibilité nouvelle pour le Moyen Âge et le macabre favorise sa redécouverte. Goethe, Victor Hugo, Théophile Gautier et Baudelaire participent, de manières très différentes, à cette fascination moderne pour la mort personnifiée, tandis que les artistes retrouvent la puissance graphique des anciens cycles. Alfred Rethel en donne au XIXe siècle une interprétation politique saisissante avec Auch ein Totentanz, inspiré par les révolutions de 1848. Félicien Rops prolonge à son tour l’alliance de l’érotisme et de la mort qui affleure dans certaines traditions anciennes. De Guyot Marchant et Holbein à Rethel et Rops, la Danse macabre constitue ainsi moins une œuvre unique qu’une tradition continuellement réinventée, dans laquelle chaque époque projette ses propres inquiétudes devant la mort, l’ordre social et la fragilité de l’existence.