TRES PRECIEUSE EDITION ORIGINALE des MISERABLES
Sans mention, Bon format in-8, grandes marges
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Victor HUGO
Les Misérables
Bruxelles, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1862
10 volumes in-8, demi-reliures anciennes
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TRES PRECIEUSE EDITION, sans mention, au bon format (in-8, grandes marges)
que l'on considère souvent comme la vraie édition originale ou des Misérables.
Elle fut "publiée à Bruxelles le 30 ou 31 mars 1862" (...) et "imprimée quelques jours avant l'édition originale française de Pagnerre à Paris". L'édition Pagnerre (Paris) ne sortit que le 3 avril. On utilise parfois le terme d'édition princeps pour notre édition.
Comme le note Vicaire : « Dans cette édition belge se trouve un certain nombre de phrases qui, ayant paru dangereuses pour la France, ont été modifiées dans l'édition française ».
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ETAT : intérieur avec rousseurs habituelles, reliures se tiennent, mais abîmées/émoussées, avec manques en coins, dos, plats, mors parfois avec fentes / très frottées. Dos du tome 4 avec cuir décollé et recollé sur une moitié. Frottements. Accrocs plus forts aux dos des tomes 2 et 10. BIEN VOIR LES PHOTOS pour JUGER l'ETAT.
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PRECIEUX
sans réserve
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Victor Hugo naît à Besançon en 1802, fils du général d’Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo et de Sophie Trébuchet, et son enfance, partagée entre les déplacements militaires de son père et l’influence royaliste de sa mère, nourrit très tôt son imagination. Adolescent précoce, il ambitionne de devenir « Chateaubriand ou rien » et entre en littérature au moment où Chateaubriand lui-même domine encore les lettres françaises. Ses premiers recueils poétiques, notamment les Odes, lui valent rapidement l’attention du monde littéraire et le rapprochent d’une génération où s’imposent bientôt Alphonse de Lamartine et Alfred de Vigny. Avec la préface de Cromwell en 1827, Hugo devient l’un des chefs de file du romantisme français et théorise une esthétique du contraste, du grotesque et du sublime qui rompt avec les règles classiques. La bataille d’Hernani en 1830, à laquelle participent de jeunes admirateurs comme Théophile Gautier et Gérard de Nerval, consacre son rôle central dans la révolution romantique. Au théâtre, il poursuit avec Marion de Lorme, Le Roi s’amuse, Lucrèce Borgia ou Ruy Blas, tandis qu’Alexandre Dumas et Alfred de Musset explorent à leur manière les nouvelles libertés dramatiques. Parallèlement, Notre-Dame de Paris, publié en 1831, impose Hugo comme romancier et contribue puissamment à renouveler le regard porté sur le Moyen Âge et sur le patrimoine architectural français. Dans le Paris littéraire des années 1830 et 1840, il fréquente ou croise Honoré de Balzac, Prosper Mérimée et George Sand, tandis que son ancien ami Sainte-Beuve devient progressivement l’un de ses adversaires critiques les plus célèbres. Sa vie privée est profondément marquée par son mariage avec Adèle Foucher, par sa longue liaison avec l’actrice Juliette Drouet et surtout par la mort accidentelle de sa fille Léopoldine en 1843, traumatisme dont naîtront plusieurs des poèmes les plus bouleversants des Contemplations. Élu à l’Académie française en 1841, Hugo acquiert une stature publique qui dépasse désormais largement le domaine littéraire. D’abord monarchiste conservateur, il évolue vers des positions libérales puis républicaines, siège à la Chambre des pairs sous Louis-Philippe et devient représentant du peuple après la révolution de 1848. Son opposition au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, le contraint à l’exil à partir de 1851, d’abord à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Durant cet exil de près de vingt ans, il compose certaines de ses œuvres majeures et dénonce violemment le régime impérial dans Napoléon le Petit et Les Châtiments, tandis que des historiens et penseurs comme Jules Michelet, Edgar Quinet et Ernest Renan incarnent eux aussi les grands débats intellectuels du siècle. Les Contemplations paraissent en 1856 et La Légende des siècles à partir de 1859, donnant à Hugo une dimension de poète prophétique qui impressionne profondément Charles Baudelaire, même si l’auteur des Fleurs du mal appartient à une esthétique très différente. En 1862, Les Misérables connaissent un retentissement européen immédiat : Hugo y combine roman historique, réflexion sociale, méditation morale et épopée populaire, dans une époque où Gustave Flaubert impose parallèlement une conception beaucoup plus impersonnelle et stylistiquement contrôlée du roman. Sa renommée devient alors internationale, et son œuvre est suivie avec attention par les frères Edmond et Jules de Goncourt, qui observent avec un mélange d’admiration et d’ironie cette figure devenue monument national vivant. Hugo s’intéresse également aux arts et entretient des liens avec des créateurs aussi différents qu’Eugène Delacroix, Hector Berlioz et Franz Liszt, tandis que ses propres dessins révèlent une puissance visionnaire longtemps restée moins connue que son œuvre littéraire. Après la chute du Second Empire en 1870, il revient triomphalement en France et devient l’une des grandes consciences morales de la République, défendant notamment l’abolition de la peine de mort, l’amnistie des communards et une certaine idée de l’Europe unie. Les jeunes écrivains de la génération suivante, de Paul Verlaine et Arthur Rimbaud à Émile Zola, se construisent dans un paysage littéraire où l’immense présence de Hugo demeure incontournable, qu’ils l’admirent, s’en éloignent ou cherchent à rompre avec son modèle. À sa mort à Paris en 1885, ses funérailles nationales attirent une foule immense et son corps est transféré au Panthéon : avec une œuvre qui traverse poésie, théâtre, roman, politique, dessin et méditation philosophique, Victor Hugo demeure l’une des figures les plus vastes et les plus représentatives du XIXe siècle français.