Masque chanteur dan gle sö
"Ce peuple d'agriculteurs vit dans les régions montagneuses, couvertes de savane arborée, de l'Ouest de la Côte d'Ivoire, autour des villes de Man et de Danané, ainsi que dans les régions limitrophes au Libéria. Evalués à environ 350 000, dont 270 000 en Côte d'Ivoire, parlant une langue dérivée du groupe mandé, ils sont considérés comme des Mandé du Sud. Ils vivent essentiellement dans des villages, et sont organisés en groupes lignagers patrilinéaires, soumis à la double exogamie (les unions entre cousins, aussi bien en lignée maternelle qu'en lignée paternelle, sont prohibées), à résidence virilocale. Restés fidèles pour la plupart aux rites ancestraux, ils possèdent de nombreux objets sacrés - principalement des masques." Bibliographie: Werner Schmalenbach (ed.), Arts de l'Afrique Noire, Editions Fernand Nathan, Paris, 1988, p.108-110
"Les Masques aux traits féminins délicats, aux yeux étriés et au front surmontés d'un bourrelet orné de cauris revêtent différentes fonctions. Certains takanglé - les porteurs de tels masques - dansent pour divertir la population, tandis que d'autres sont spécialisés dans le chant. Surnommés gle sö (masque chanteurs), ces derniers secondent le grand masque go ge qui exprime l'autorité de l'influente société go, chargé de rendre la justice et de veiller au maintien de la paix.
Ce type de masque se rattache également au rite de circoncision des jeunes garçons. Les deanglé - ou masques gardiens - qui jouent un rôle intermédiaire entre le camp et le village, se distinguent souvent par des yeux soulignés au kaolin, détail que l'on observe également chez les femmes lors des cérémonies. Signe de joie, le blanc symbolise aussi le monde des ancêtres."Bibliographie : Iris Hahner-Herzog, Maria Kecskési, László Vajda, L'autre visage, Masque africains, Editions Adam Biro, Paris, 1997, p. 102