MEMOIRES HISTORIQUES ET SECRETS DE L'IMPERATRICE JOSEPHINE
Marie-Rose TASCHER de La PAGERIE Première épouse de Napoléon BONAPARTE
Ouvrage orné de huit gravures, portraits et fac-similé, plus l'intérieur de la main de l'homme extraordinaire ( Napoléon)
Par Mlle M.A LE NORMAND
Seconde édition augmentée de 300 Notes inédites et suivie Des Derniers Souvenirs de Napoléon Bonaparte à l'Île Ste Hélène.
Edité à PARIS, L'AUTEUR EDITEUR, libraire, Rue de Tournon, N°5
Dondey Dupré Père et fils, Imp Libr, Rue Richelieu, 47 bis, et Rue Saint-Louis au Marais
1827
COMPLET EN TROIS VOLUMES RELIES, 462 PAGES + 479 PAGES + 511 PAGES
RELIURES DOS CUIR ORNE DEMI BASANE DECORE DE FILETS DORES. TITRES ET TOMAISON.
Marie Anne Le Normand (1772-1843) était une libraire, nécromancien, diseuse de bonne aventure et cartomancienne française de renommée considérable à l’époque napoléonienne. En France, Lenormand est considéré comme la plus grande cartomancienne de tous les temps, très influent sur la vague de cartomancie française qui a commencé à la fin du 18ème siècle.
Elle prétendait donner des conseils à de nombreuses personnes célèbres, parmi lesquelles les dirigeants de la Révolution française (Marat, Robespierre et St-Just), l’impératrice Joséphine et le tsar Alexandre Ier. Son salon Mademoiselle Le Normand, libraire était si populaire parmi les riches et les aristocrates que la police était souvent appelée pour disperser la foule !
Après la mort de Lenormand, son nom a été utilisé sur plusieurs jeux de cartomancie, y compris 36 cartes illustrées connues sous le nom de Petit Lenormand encore largement utilisées par les "voyantes" aujourd’hui.
Lenormand ne fut pas seulement prophétesse, elle se mit au nombre des femmes de lettres par la publication, dès 1814, de divers ouvrages, entre autres, le plus célèbre, des Mémoires historiques et secrets de l’impératrice Joséphine, 1827, 3 vol. in-8°, témoignage de sa reconnaissance pour son impériale cliente avec qui elle avait vécue en très grande intimité.
Fille d’un marchand drapier et d’une jeune fille d'humble origine, Marie-Anne Lenormand fut élevée à l’abbaye royale des dames bénédictines d’Alençon, où elle reçut une éducation distinguée. Elle se fit remarquer dès son enfance par une grande vivacité d’esprit et par une imagination ardente. Elle avait à peine atteint sa septième année que, y commençant son rôle de prophétesse, elle se mit à dire l’avenir à ses compagnes et à prophétiser. Marie-Anne avait reçu le même prénom qu’une sœur aînée morte quelques heures après sa naissance, le 16 septembre 1768, à Alençon. Il se peut qu’elle ait été influencée par une vieille superstition voulant que l’âme d’un bébé mort passe dans l’enfant recevant le même nom que l’enfant mort. Elle s’intéresse surtout à l’apprentissage des langues, à la musique, la peinture et les lettres, mais elle se consacre, en outre, à la grande consternation des religieuses, à la divination.
L’abbesse de son couvent ayant été révoquée, en 1781, Lenormand prédit qu’une dame de Livardie serait nommée à sa place. Dix-huit mois après, le choix du roi vint confirmer cette prédiction. Ce succès et ceux qu’elle obtint dans la suite, près de ses compagnes, la confirmèrent plus tard dans l’idée qu’elle était douée de la faculté de deviner l’avenir, mais la fit également expulser. Cela lui valut une certaine réputation, qui la précéda à Paris où elle monta dans les premières années de la Révolution, en 1790.
Elle travaille un temps dans une blanchisserie jusqu’à sa rencontre d’une diseuse de bonne aventure du nom de madame Gilbert, qui lui enseigne les rudiments de la divination à l’aide du tarot divinatoire d’Etteilla. Trois ans plus tard, elle tient un « bureau de voyance » où se lit au-dessus de la porte : « Mademoiselle Lenormand, libraire ». Elle rencontre ainsi trois des hommes les plus influents de la Révolution, Marat, Robespierre et Saint-Just, auxquels elle aurait prédit une mort violente.
En la faisant connaître, les prédictions qu’elle hasarda la rendirent suspecte à Vadier au Comité de salut public, qui la fit arrêter en 1794. Elle affirma plus tard que c’était parce qu’elle avait prédit la mort de Louis XVI. Après sa sortie des prisons de la Terreur, la persécution qu’elle venait de subir ne contribua pas peu à étendre sa renommée, et elle se vit bientôt consultée par tous ceux qui désiraient connaître leur destinée et savoir au juste s’ils devaient compter sur la stabilité de la fortune.
L’espace de temps qui s’écoula sous le Directoire et l’Empire, époques où la confiance que lui témoignait l’impératrice Joséphine avait surtout contribué à la mettre à la mode, fut l’âge d’or de cette devineresse, qui sentit que ce qui inspirerait le plus de foi en elle serait un extérieur assez confortable pour faire bien présumer d’avance aux consultants des produits antérieurs de ses talents en nécromancie. Ce fut donc dans un bel appartement au no 5 de la rue de Tournon, au faubourg Saint-Germain, que la nouvelle pythonisse ouvrit un cabinet où elle reçut pendant de longues années les visites d’une foule de dames et de bon nombre d’hommes, tant de la moyenne que de la haute classe, magistrats, militaires, grands seigneurs, etc., qui se pressèrent plus d’une fois pour lui faire agréer leurs offrandes. C’est là qu’elle faisait le « petit jeu » aux premiers et le « grand jeu » aux seconds, sans toutefois que son tarif descendît jamais au-dessous de six francs. Lenormand avait en outre pour les plus curieux les tarots, le marc de café, et « Faisait voir dans un œuf cassé L’avenir comme le passé. »
Celle qui fut désormais surnommée « la sibylle du faubourg Saint-Germain », fut consultée plus d’une fois par de grands personnages politiques. Napoléon lui-même eut, paraît-il, la curiosité de la consulter ; et il est constant que Joséphine vivait avec elle dans une grande intimité.
Toutefois, sa protection ne put la garantir et, malgré toute la faveur dont elle jouissait, Lenormand fut arrêtée en 1803 et en 1809, par ordre de l’Empereur, sous l’inculpation de trahison, pour quelques prédictions un peu hardies. Le gouvernement impérial ne lui fit subir, à chaque fois, qu’une assez courte détention pour ses révélations indiscrètes et Lenormand affirma encore que ces deux emprisonnements étaient dus à des motifs politiques.
Un journaliste de l’époque a toutefois fait valoir que Lenormand était coutumière du fait et que les soi-disant prophéties étaient toujours écrites après les faits, et jamais avant. Ainsi, elle aurait prédit, après son expulsion de Paris en 1808, la chute de Napoléon et la restauration des Bourbons.