Mercier écrit beaucoup pour les journaux pendant la Révolution. De 1789 à 1796, son activité principale est la rédaction du journal qu'il a fondé : Les Annales patriotiques et littéraires. Dans les années qui suivent, il collabore à d'autres journaux. Lorsqu'il prépare le Nouveau Paris à partir de 1796, il reprend certains articles pour en faire des chapitres de son ouvrage.
Dans l'avant-propos du Nouveau Paris, Mercier remarque que le Tableau de Paris, dont il a achevé la publication en 1788, est devenu obsolète. Le chapitre 1 commence par le même constat : « Je ne marche plus dans Paris que sur ce qui me rappelle ce qui n'est plus ». La Révolution a provoqué de tels changements que le Tableau de Paris est à refaire.
La première édition est publiée à Paris, par les libraires Fuchs, Charles Pougens et Charles-Frédéric Cramer. La page de titre ne contient pas de date. L'avant-propos est daté du 10 frimaire an VII ().
En six volumes et 271 chapitres, Mercier évoque à la fois des événements de la Révolution et la vie quotidienne à Paris. Certains chapitres sont consacrés à des événements précis, comme les préparatifs de la Fête de la Fédération (chapitre 14, « Travaux du Champ-de-Mars ») ou le « Procès de Louis XVI » (chapitre 81). Le chapitre 2, « Explosion » résume toute l'histoire de la Révolution en quelques pages. Mercier s'arrête aussi sur des institutions comme le «Tribunal révolutionnaire » (chapitre 46) ou des personnes (chapitre 36, « Bailly et quelques autres portraits »). Il retrace les conflits auxquels il a pris part alors qu'il siégeait à la Convention, revenant notamment sur la lutte entre les Montagnards et les Girondins, dont il était proche. Le chapitre 87, consacré à la chute des Girondins le 31 mai 1793 est intitulé « Le jour désastreux ». Plusieurs passages ont un caractère autobiographique, lorsque Mercier évoque son action à la Convention ou sa captivité, d' à la chute de Robespierre
À côté des chapitres les plus politiques se trouvent des chapitres consacrés à des faits divers : le chapitre 143, « Événement à la plaine de Grenelle », raconte l'explosion d'une poudrerie le 31 août 1794. D'autres s'intéressent aux conditions de vie pendant la Révolution, au prix des denrées alimentaires par exemple (chapitre 198, « Magasiniers »), aux divertissements (chapitre 92, « Les bals d'hiver ») ou encore à la production imprimée (chapitre 140, « Consommation du papier »). Comme dans le Tableau de Paris, Mercier tire parti de ses talents d'observateur pour décrire des lieux pittoresques, notamment le « Palais-Égalité, ci-devant Palais-Royal » au chapitre 91.
L'impression de désordre qui se dégage de l'ensemble est revendiquée par Mercier. Le désordre qui caractérise la Révolution devient le principe d'une écriture qui procède « dans la discontinuité aléatoire de l’errance et du souvenir ». Les nombreux chapitres du Nouveau Paris donnent autant de points de vue différents sur un phénomène politique impossible à saisir dans son ensemble, comme l'écrit Mercier lui-même : « Comment l'historien se retirera-t-il de ce labyrinthe ? Comment évitera-t-il l'empire de sa propre opinion, lorsque les hommes les mieux exercés à voir ont eu peine à saisir un point de vue, et à fixer un objet dans cette extrême et continuelle mobilité d'optique ? »
En revanche, Mercier défend un point de vue politique très ferme. Républicain convaincu, il prend le parti du Directoire contre la double menace des royalistes et des révolutionnaires radicaux (chapitre 199, « Je suis un modéré »). S'il est un « témoin engagé qui ne craint pas les contradictions», son idéal de concorde et d'unanimité républicaine se heurte cependant à la « cacophonie révolutionnaire» dont il rend compte dans le Nouveau Paris.
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