Charles SAUNIER
Les conquêtes artistiques de la Révolution et de l’Empire. Reprises et abandons des alliés en 1815, leurs conséquences sur les musées d’Europe.
Paris, Librairie Renouard / H. Laurens, 1902, [VIII]-189 pp.
Grand in-8° (245 x 162 mm), demi-percaline violine, dos lisse avec pièce de titre de chagrin brun, tête dorée, premier plat de couverture conservé. Illustré de 12 planches hors texte en noir protégées par des serpentes légendées. « L'ouvrage de Charles Saunier (1865-1941) retrace l'épopée des chefs-d'œuvre européens (Italie, Pays-Bas, Allemagne, Espagne) acheminés vers Paris entre 1794 et 1814. Saunier explique comment les révolutionnaires justifiaient la saisie des œuvres d'art : la France, "terre de liberté", était considérée comme la seule patrie digne d'accueillir le génie humain. L'auteur décrit la transformation du Louvre en un musée universel centralisant les plus grandes peintures et sculptures du monde (les Raphaël, le Laocoon, les chevaux de Saint-Marc) et le rôle des commissaires (comme Vivant Denon) qui suivaient les armées pour inventorier et choisir les pièces les plus précieuses. Le livre s'achève sur le démantèlement du musée après la chute de l'Empire (1815) et le retour (parfois partiel) des collections dans leurs pays d'origine. Écrit en 1902, l'ouvrage de Saunier bénéficie du recul historique du XIXe siècle tout en restant empreint d'une certaine admiration pour la grandeur administrative et muséographique française. C'est l'un des premiers travaux sérieux à traiter ce sujet sensible sans être purement polémique. Saunier s'appuie sur des archives précises pour lister les œuvres déplacées. Son travail met en lumière comment ces "conquêtes" ont paradoxalement favorisé le développement de l'histoire de l'art et de la restauration, en permettant aux savants d'étudier en un seul lieu des pièces autrefois dispersées dans des couvents ou des palais fermés ». Petites rousseurs sur les tranches non dorées, papier légèrement bruni mais très propre, brochage intègre. Bon exemplaire. |