MAGNIFIQUE LETTRE AUTOGRAPHE
"LITTERAIRE" & "POLITIQUE" de CHATEAUBRIAND
A MADAME de PISIEUX
"Il faut accomplir mes destinées. Voyageur, il faut mourir voyageur"
3 PAGES AUTOGRAPHES
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CHATEAUBRIAND, François-René de,
Lettre autographe signée,
Paris, 25 février 1831
3 pp., au format in-4 (15,5 x 20 cm)
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Magnifique lettre de la main de Chateaubriand, adressée à Madame de Pisieux : Alexandrine-Héloïse-Laurette de Montboissier, veuve de François-Ursin Durand, comte de Pisieux — parfois écrit aussi Pizieux.
Elle était petite-fille de Malesherbes, la cousine de Tocqueville, et liée au milieu aristocratique légitimiste.
Pour Chateaubriand, c’est une amie mondaine et politique,
une correspondante familière. Elle le reçoit notamment avec les siens au château de Montgraham, dans le Perche, où Chateaubriand séjourne en 1817.
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On trouve ici de superbes formules très littéraires notamment : "Il faut accomplir mes destinées. Voyageur, il faut mourir voyageur". Il est aussi question ici de Zélie d'Orglandes, qui épousa le neveu de Chateaubriand.
La lettre fut aussi rédigée dans le contexte des réflexions de Chateaubriand sur l’avenir de la Monarchie. Après la Révolution de 1830, il quitte en effet la Chambre des pairs.
L’année 1831 voit la publication De la Restauration et de
la Monarchie élective: l'ouvrage qui est évoqué dans cette lettre
EXTRAITS :
“Je n’ai pu répondre immédiatement à votre lettre. J’étais embarrassé dans
les dernières épreuves de mon ouvrage qui finit et dont l’impression
obligée m’a empêché jusqu’ici d’aller chercher le repos dans les
montagnes de la Suisse - auprès de vous je serais mieux, je reverrais mon allée et je rêverais des anciens jours" (...)"Il faut accomplir mes destinées. Voyageur, il faut mourir voyageur"
" La vente de nos guenilles nous retiendront encore à Paris jusqu’au mois de mai.
je serai bien triste et pourtant encore heureux de vous dire un dernier adieu (...)
Zélie et toute sa famille est ici ; je ne l’ai point encore vue parce que je ne
quitte pas ma rue d’Enfer."
" De la politique je ne vous en parle point ; elle va
son chemin.
Soyez heureuse au milieu de vos bois ;pensez quelque fois à moi et recevez mes vieux et sincères hommages.
Votre charmante fille retrouvera dans sa jeunesse de quoi la consoler"
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TRES PRECIEUX
sans réserve
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François-René de Chateaubriand naquit à Saint-Malo le 4 septembre 1768, dans une vieille famille bretonne, et passa une partie de son enfance au château de Combourg, décor devenu fondateur dans ses souvenirs. Officier sous l’Ancien Régime, il émigra pendant la Révolution, voyagea en Amérique en 1791, puis connut l’exil en Angleterre, où la misère, la solitude et la lecture nourrirent une œuvre déjà marquée par Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre et les moralistes du XVIIIe siècle. Son premier grand livre, l’Essai sur les révolutions, parut en 1797, mais c’est avec Atala en 1801, puis René en 1802 et surtout Le Génie du christianisme, qu’il devint l’une des voix majeures du siècle naissant, admiré par Fontanes, Joubert, Bonald, Ballanche et Lamennais. Sa prose, ample, mélancolique et musicale, transforma la sensibilité littéraire française et ouvrit la voie au romantisme, avant même que Victor Hugo, Lamartine, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Musset, Nerval ou Gautier n’en donnent les formes éclatantes. Rentré en France sous le Consulat, Chateaubriand servit brièvement Napoléon, puis rompit avec lui après l’exécution du duc d’Enghien ; sous la Restauration, il fut pair de France, ambassadeur à Berlin, à Londres et à Rome, ministre des Affaires étrangères, tout en demeurant un écrivain jaloux de son indépendance. Il fréquenta Madame de Staël, Benjamin Constant, Madame Récamier, autour de laquelle se forma l’un des grands foyers littéraires et politiques du temps, et croisa un monde où comptaient aussi Guizot, Villemain, Barante, Tocqueville, Michelet, Quinet et Béranger. Hostile à la monarchie de Juillet, fidèle aux Bourbons légitimes, il refusa le serment à Louis-Philippe en 1830 et se retira de la vie officielle, sans cesser d’écrire ni d’observer son siècle. Les Natchez, Les Martyrs, l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, les Études historiques, De la Restauration et de la Monarchie élective et surtout les Mémoires d’outre-tombe composent une œuvre immense, à la fois autobiographique, historique, politique et poétique. Balzac, Stendhal, George Sand, Mérimée, Dumas, Hugo et Flaubert appartiennent à la génération ou au siècle que son œuvre domine comme un sommet inaugural, même lorsque leurs esthétiques s’en éloignent. Mort à Paris le 4 juillet 1848, quelques mois après la révolution de Février, Chateaubriand fut enterré selon son vœu sur le rocher du Grand Bé, face à la mer de Saint-Malo, laissant l’image d’un écrivain qui avait traversé la Révolution, l’Empire, la Restauration et les débuts du monde moderne.