BEAUMARCHAIS (Pierre Caron de)
Mémoires de Beaumarchais contre Goezman.
Paris, 1773-1775.
In-4. Demi-basane noire à petits coins, pièce de titre caramel.
Dimensions : 24,6 x 18,1 cm.
COMPLET
Ensemble de 6 pièces constituant les mémoires de Beaumarchais contre Goezman.
Les Mémoires contre Goëzman naissent d’un procès lié à la succession du financier Pâris-Duverney, dans lequel Beaumarchais affronte le comte de La Blache puis accuse le juge Goëzman et son entourage de corruption. Publiés en 1773-1774, ces factums transforment une affaire judiciaire en événement public : Beaumarchais y mêle défense personnelle, satire, éloquence et dénonciation des abus de la justice. Leur succès immense fait de lui une célébrité nationale, presque un héros de l’opinion, malgré sa condamnation au blâme.
Inventaire des pièces contenues dans le volume :
-Mémoire à consulter pour Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
40p.
- Supplément au Mémoire à consulter.
64. p.
-Addition au Supplément du Mémoire à consulter
78 p.
- Avertissement servant de réponse au troisième Précis du Comte de La Blache.
VIII p., 84 p. et (1) f. d’errata
-Quatrième mémoire à consulter.
109 p.
-Requête d’atténuation pour le Sr Caron de Beaumarchais.
28 p.
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L’affaire contribue aussi à discréditer le Parlement Maupeou, très impopulaire, et annonce le rôle croissant de l’opinion publique à la fin de l’Ancien Régime. Ces Mémoires sont donc essentiels à la fois comme texte judiciaire, pamphlet politique et moment fondateur de la légende de Beaumarchais-Figaro.
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ETAT : intérieur correct, petits défauts. Solide reliure. BIEN VOIR LES PHOTOS POUR JUGER L'ETAT.
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PRECIEUX
sans réserve
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Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, né à Paris en 1732 et mort en 1799, est l’une des figures les plus mobiles et les plus brillantes du XVIIIe siècle français : fils d’horloger, il se fait d’abord connaître par ses talents techniques, avant d’entrer à la cour comme professeur de harpe des filles de Louis XV. Son ascension sociale, liée au monde des financiers comme Pâris-Duverney, le place bientôt au cœur des affaires, des procès et des intrigues de l’Ancien Régime. Devenu « de Beaumarchais », il fréquente un siècle dominé par Voltaire, Diderot, Rousseau, d’Alembert, Marmontel, Sedaine, Mercier ou Chamfort, dont il partage le goût de la polémique, de la scène et de la publicité. Ses démêlés avec le comte de La Blache, le juge Goëzman et le chancelier Maupeou font de lui, dans les années 1773-1774, un maître du factum judiciaire, capable de transformer sa défense en spectacle littéraire et politique. Sous Louis XVI, il sert aussi l’État dans des missions secrètes, notamment autour du chevalier d’Éon, de Mme du Barry et de Vergennes, puis joue un rôle dans l’aide française aux insurgents américains, au temps de Benjamin Franklin, Washington et La Fayette. Dramaturge, il triomphe avec Le Barbier de Séville en 1775, puis avec Le Mariage de Figaro, longtemps surveillé par la censure et joué en 1784, dont l’audace fait écho au monde de Marie-Antoinette, de Necker, de Turgot et de Mirabeau. Beaumarchais est aussi éditeur de Voltaire, défenseur des auteurs dramatiques et homme de théâtre européen : son Figaro inspirera Mozart et Da Ponte dans Les Noces de Figaro, tandis que Salieri mettra en musique son Tarare. Admiré, attaqué, enrichi puis menacé par la Révolution, contemporain de Goethe, de Rivarol et de Chénier, il incarne mieux que presque aucun autre le passage de l’homme d’esprit d’Ancien Régime à l’écrivain moderne, engagé dans la bataille de l’opinion, du droit et de la liberté de parole.