TRES PRECIEUX INCUNABLE
IMPRESSION de LYON
SUPERBE BOIS AU TITRE avec 3 FIGURES
Exemplaire unique avec
NOTES du XVIe SIECLES & BELLES MANICULES...
Précieuse première édition de Juvénal
avec le commentaire de Josse Bade, dit Badius Ascensius.
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JUVENAL
SATIRES
SATYRAE
LYON, Nicolas Wolff
1498
In-4, demi-reliure
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SUPERBE IMPRESSION LYONNAISE
Cette édition comprend les commentaires d’Antonius Mancinellus
et pour la première fois ceux de Josse BADE
(qui meurt bien plus tard,en 1535)
Impression gothique
Titre imprimé en rouge & noir
Grand bois gravé au titre :
avec figures/portraits de JUVENAL, MANCINELLUS, et Josse BADE
Collation : [4] feuillets, I–CXCVIII. Quelques erreurs de foliotation : LX imprimé “L” et CXVII imprimé “CXVI”. Complet à l'exception de 2 feuillets, le premier feuillet de l'index (Aa3) et celui numéroté "f. I" qui suit les feuillets liminaires.
Références : ISTC ij00656000, Goff J656 ; HC 9716 ; CIBN J-370 ; Polain 2404 ; IGI 5603 ; IBE 3399.
ETAT : intérieur propre, petits défauts. Reliure solide, dos passé, petits manques en coins & coiffes. Bien voir les photos pour juger l'état.
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Importante édition lyonnaise incunable des Satires de Juvénal, publiée à la fin du XVe siècle par Nicolaus Wolff pour le libraire Étienne Gueynard.
Le volume réunit le texte du grand satiriste latin et les commentaires d’Antonius Mancinellus et de Jodocus Badius Ascensius, deux figures majeures de l’édition humaniste et de la transmission scolaire des classiques latins à la Renaissance.
Cette édition est particulièrement remarquable par son titre imprimé en rouge et noir, son grand bois gravé représentant le maître et ses élèves, et sa mise en page typique des éditions savantes de la fin du XVe siècle, où le texte antique est entouré et accompagné par l’apparat du commentaire.
Juvénal, poète satirique de la Rome impériale, y apparaît comme l’un des grands auteurs moraux de l’Antiquité : ses satires dénoncent la corruption, l’ambition, l’hypocrisie sociale, l’argent, les vices politiques et les désordres de son temps. La Renaissance en fit un auteur de première importance, lu dans les collèges et commenté par les humanistes.
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Comme l'explique David Shaw (Editions of Juvenal printed before 1601) :
il s'agit bien de la :
"Première édition de Juvénal avec le Familiare commentum de Badius."
"La lettre de Badius à Henri Valuphin est datée d’un jour postérieur au colophon, ce qui indique que les pièces liminaires ont été composées après le corps de l’ouvrage. Le colophon montre que Badius assura lui-même la correction de l’impression (vitiorum expunctore). Il exerça fréquemment cette fonction à Lyon avant de s’installer à Paris en 1499, où il fonda par la suite sa propre imprimerie.
La page de titre est imprimée en rouge et noir. Le bois gravé représentant un maître entouré de ses élèves (magister cum discipulis) se retrouve également dans une édition de Perse publiée en 1499 (Morgan 46)."
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FORT PRECIEUX
sans réserve
Les Satires de Juvénal comptent parmi les grands textes moraux de l’Antiquité latine. Écrites dans la Rome impériale, elles dénoncent avec une vigueur célèbre la corruption des mœurs, l’avidité, l’ambition, la flatterie, l’hypocrisie sociale, le luxe, la violence urbaine et les désordres politiques. Plus âpre que Horace, plus sombre que Perse, Juvénal donne à la satire une force d’indignation qui marqua durablement la culture européenne. À la Renaissance, son œuvre prend naturellement place dans le grand retour aux auteurs anciens. Des humanistes comme Politien, Giorgio Merula ou Filippo Beroaldo participent à cette redécouverte savante des textes latins, tandis que les imprimeurs et philologues, d’Alde Manuce à Robert et Henri Estienne, donnent aux classiques une diffusion nouvelle. Dans les écoles et les collèges, Juvénal est lu avec Virgile, Horace, Ovide, Cicéron, Térence, Martial ou Lucain, non seulement comme un modèle de langue, mais aussi comme un réservoir d’exemples moraux. Les commentaires d’Antonius Mancinellus et de Josse Bade, dit Badius Ascensius, s’inscrivent dans cette culture humaniste où l’explication des textes antiques accompagne l’apprentissage du latin et la formation du jugement. Érasme, Guillaume Budé, Jacques Lefèvre d’Étaples, Beatus Rhenanus, Jean Reuchlin, Étienne Dolet ou Marc-Antoine Muret appartiennent à ce même monde lettré qui cherche dans l’Antiquité des modèles de style, de pensée et de critique. Juvénal ne fut pas seulement un auteur scolaire : son regard sur les ridicules, les passions et les abus de la société nourrit une longue tradition morale et satirique. En France, de Rabelais à Montaigne, puis de Régnier à Boileau, La Bruyère ou La Rochefoucauld, on retrouve cette attention aux vices humains, aux faux-semblants et aux comédies sociales. Molière, dans un autre registre, transforme ces mêmes travers en théâtre : l’avarice, la vanité, l’hypocrisie, l’obsession du rang ou le ridicule des puissants deviennent matière de comédie. Plus tard encore, Voltaire, Diderot et Montesquieu prolongent cette tradition critique en l’ouvrant à la philosophie et à la société moderne. Sans qu’il faille chercher partout une imitation directe, Juvénal appartient ainsi à une grande lignée européenne d’écrivains qui ont fait de la littérature un instrument de lucidité morale. Ses satires donnent à voir un monde dominé par l’argent, l’ambition, la violence, le spectacle social et la corruption du pouvoir : autant de thèmes qui expliquent la place durable de Juvénal dans la bibliothèque humaniste et dans l’histoire de la littérature européenne.