Jacques Androuet du Cerceau (vers 1510-1515 – vers 1585) est l’un des plus importants dessinateurs, graveurs et théoriciens de l’architecture de la Renaissance française.
Originaire probablement de Paris, il travaille dans la vallée de la Loire avant d’être actif à Orléans, Paris et Montargis.
Protestant, il bénéficie de la protection de Marguerite de Navarre puis de Renée de France et d’Anne d’Este.
Il fonde une véritable dynastie d’architectes, qui comptera notamment ses fils Baptiste et Jacques II, et ses petits-fils Jean Androuet du Cerceau et Salomon de Brosse.
Dès les années 1540, il publie des recueils d’architecture destinés aux artisans et bâtisseurs.
Sa production gravée, extrêmement abondante, est unique par son ampleur dans la Renaissance française.
Il voyage en Italie, où il découvre les œuvres majeures de Brunelleschi, Alberti, Bramante, Michel-Ange et Andrea Palladio.
De retour en France, il devient l’un des principaux diffuseurs de l’art de bâtir sous François Ier, Henri II et les derniers Valois.
Ses Livres d’architecture, ses recueils d’ornements et son traité de perspective contribuent à former des générations d’artisans.
Son œuvre la plus célèbre, Les plus excellents bastiments de France, décrit et illustre les grands châteaux français du XVIᵉ siècle.
Ces dessins constituent une source unique pour comprendre des édifices parfois modifiés ou disparus.
On lui attribue quelques projets ou interventions, comme à Montargis, Verneuil-en-Halatte et à l’hôtel Groslot d’Orléans.
Directement ou non, ses publications influencent durablement l’architecture française de la seconde moitié du XVIᵉ siècle.
Il se place ainsi dans la lignée des grands rénovateurs européens de l’architecture des XVe et XVIe siècles.
Son héritage est prolongé au XVIIᵉ siècle par des figures comme François Mansart et Jules Hardouin-Mansart.
Au XVIIIᵉ siècle, l’architecture française trouve de nouvelles formes avec Jacques-Germain Soufflot.
Au XIXᵉ siècle, Viollet-le-Duc contribue à redécouvrir et analyser les périodes anciennes, dont la Renaissance.
Au XXᵉ siècle, l’avènement du modernisme, avec Le Corbusier notamment, renouvelle entièrement les références architecturales.
Les historiens, pourtant, continuent de s’appuyer sur les dessins de Du Cerceau pour comprendre les formes de la Renaissance.
Jacques Androuet du Cerceau reste aujourd’hui un témoin essentiel de l’architecture française du XVIᵉ siècle et un passeur entre théorie et pratique.