Barthélemy AMILIA
Le Tableu de la Bido del parfait crestia en berses que represento l'exercici de la fe,
acoumpagnado de las bounos obros, de las pregarios, del bon usatje des sacromens;
de l'eloignomen del pecat e de las oucasius que nous y poden pourta. Que serbis as ritous,
missiunaris, coufessous e autris que trabalhon al salut de las armos, e necessari à toutos
sortos de persounos d'aqueste pays. Ount an ajustat : 1° un dicciunaris languedoucia,
esplicat en frances; 2° les aires noutats en plen cant e boutats en musico pel P. COMIRE,
S. J. Fait en 1673 pel P. AMILIA, canounge reguliè de l'Ordre de sant Augusti, à Pamios.
5° ediciu rebisto e publicado ambe la fabou de Mounseignou ROUGERIE, abesque de Pamios,
e countenen esclarcissomens de MM. DOUBLET e PASQUIER su la bido e l'obro d'Amilia.
Fouix, Imprimario Poumies, 1897. In-8° de CXXXVI-426-32-(1) pages. Reliure demi-basane
bleu, dos à nerfs orné, couvertures conservées (usures sur les nerfs).
(Ernest LABADIE, Bibliographie Gasconne et Languedocienne, p. 49). Edition rare. "Le Père AMILHAT
(vers 1609-1673) laisse une œuvre curieuse et de grande qualité. D'abord protégé de Mgr.
de Montchal, chapelain de Roqueville, il est attiré après 1651 par Mgr. de Caulet. Déjà connu
par ses cantiques occitans, il va être sollicité de les compléter dans l'atmosphère de Pamiers,
où il est chanoine régulier de Saint-Augustin en 1657. Son livre paraît l'année de sa mort. c'est le
Tablèu de la bido del parfet crestia que represento l'exercici de la fe. Cette œuvre a été trop
souvent négligée ou dépréciée. On y a vu seulement son intention, qui ne permet pas de la
distinguer de la Dounctrino Crestiano de 1641. Mais au service de cette intention toute d'
humilité l'auteur met un talent de versificateur assez délicat, un sentiment littéraire très éclairé
de lectures, une mesure remarquable dans les images. Amilhat écrit avec ces acquis divers
que sont la connaissance parfaite des textes sacrés, la méditation de la grande leçon stylistique
de Godolin, des influences littéraires françaises et le sens très sûr de la langue vivante que lui a
donné la prédication populaire. Dans ses meilleurs poèmes ou cantiques il présente un baroquisme
assagi, un équilibre verbal tout nouveau..." (Robert LAFONT & Christian ANATOLE, Nouvelle
histoire de la littérature occitane, p. 430).
Provenance : dédicace de l'archiviste Félix PASQUIER (1846-1929) à Joseph ROZÈS (1876-1960),
dit ROZÈS de BROUSSE, avocat à Toulouse, président de l'Escola occitana, Majoral du
Félibrige en 1919.