[LITTERATURE FRANCAISE XXe]


Jean Raspail
 1925- 2020 
 
Écrivain, voyageur, explorateur, journaliste, romancier
 
Jean Raspail, né le 5 juillet 1925 à Chemillé-sur-Dême (Indre-et-Loire) et mort 
le 13 juin 2020 à Paris, est un écrivain et explorateur français.

Ses romans portent principalement sur des personnages historiques, des explorations et des peuples autochtones.
 Il est lauréat du Grand prix du roman de l'Académie française pour Moi, Antoine de Tounens,
 roi de Patagonie, publié en 1981.
 Consul général autoproclamé de Patagonie, il voit dans ce royaume imaginaire une terre de rêve et de liberté,
 une « patrie de rechange », dont nombre de ses lecteurs lui demanderont la nationalité.

Il est principalement connu, tant en France qu'à l'étranger, pour son roman dystopique Le Camp des saints, 
publié en 1973, qui décrit une submersion de la civilisation occidentale, la France en particulier, 
par une immigration massive venue du tiers monde. Le livre connaît un succès initial modeste mais 
devenant progressivement important. Controversé, ce roman est qualifié de visionnaire par une partie 
de ses lecteurs et par l'extrême droite.

Il reçoit en 2003 le Grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.

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 Le Camp des Saints  

Le Camp des Saints est un roman d’anticipation dystopique publié en 1973 par Jean Raspail. 
L’histoire imagine l’arrivée massive, par bateau, d’un million de migrants venus d’Inde vers la côte 
méditerranéenne de la France.
 Le récit adopte un point de vue occidental et suit les réactions politiques, sociales et morales 
des autorités et de la population face à cet événement.

La narration se concentre sur le désarroi d’une société occidentale confrontée à un choc migratoire 
qu’elle ne parvient pas à gérer, oscillant entre culpabilité, paralysie et démission.
 Le ton est alarmiste, et le roman est souvent qualifié de provocateur.
 
Raspail s'inscrit ici dans la tradition de la littérature d’anticipation, avec des éléments 
caractéristiques de la dystopie :
Peinture d’une société occidentale en crise morale et politique
Opposition entre ordre établi et menace perçue
Déconstruction des idéaux de progrès, d’humanisme ou d’universalisme

Le style est narratif, parfois pamphlétaire, et repose sur un ton volontiers polémique.
 Le roman fait écho à d’autres œuvres dystopiques plus connues (comme 1984 ou Le Meilleur des Mondes), 
mais avec un axe centré sur les bouleversements démographiques et culturels.

 Place dans le paysage littéraire de la fin du XXe siècle:

Lors de sa sortie, Le Camp des Saints reçoit un accueil partagé. Peu commenté par la critique officielle
 à l’époque, il acquiert cependant un statut de livre culte dans certains cercles — tant pour sa forme d’anticipation que pour sa radicalité. 
Avec le temps, il est devenu un ouvrage controversé, souvent discuté 
dans des contextes politiques et idéologiques.

Sur le plan littéraire, le livre s'inscrit dans un courant post-soixante-huitard de remise en question des valeurs
 occidentales et de l’avenir de l’Europe. Il témoigne aussi de la place que peut prendre une fiction politique extrême dans le champ littéraire,
 même en dehors du consensus critique.

Le Camp des Saints est un roman marquant par sa vision dystopique singulière et sa capacité à susciter des débats. 
Qu'on le considère comme une provocation, une satire, ou une œuvre de science-fiction sociopolitique, 
il a contribué à poser la question de la responsabilité et de l’identité occidentale dans la fiction française 
de la seconde moitié du XXe siècle.

Éditions en français
Première édition : Robert Laffont, Paris, 13 décembre 1972 (publication courante en 1973)
Rééditions en grand format par Robert Laffont en 1979, 1985, puis 2002, et 
2011 (avec préface inédite "Big Other")
 
Le roman a été traduit dans au moins 8 langues


quel est l'intéret de la préface de 2011?
 
La préface de 2011 ajoutée à Le Camp des Saints par Jean Raspail, intitulée « Big Other » (27 pages), 
est un texte capital pour comprendre la posture de l’auteur près de 40 ans après la parution originale du roman.

 En voici les éléments clés :

1. Une justification rétrospective
Raspail revient sur l’écriture du roman, qu’il présente non comme une provocation gratuite, mais comme une 
anticipation littéraire née d’un malaise profond ressenti dès les années 1970. Il insiste sur le fait que l’ouvrage visait à mettre en garde contre 
ce qu’il perçoit comme une désintégration culturelle, plus qu’à faire une prédiction exacte.

2. La figure de « Big Other »
Dans cette préface, il introduit le concept de « Big Other », en référence implicite au Big Brother d’Orwell,
 mais avec une nuance :
« Big Other » serait une forme de tyrannie douce et morale, issue de l’hyper-tolérance, 
du politiquement correct et de la peur du rejet.

Il incarne une autorité invisible, collective, qui empêche les individus ou les institutions de s’opposer aux 
phénomènes de fond (comme l’immigration massive, selon Raspail), par crainte d’être stigmatisés.

3. Un ton plus mélancolique que triomphant
Contrairement à ce que certains lecteurs pourraient attendre, la préface ne se présente pas comme un « j'avais raison ». 
Elle est marquée par une tonalité sombre, désabusée, presque funèbre, sur l’Occident contemporain. 
L’auteur se décrit comme isolé, appartenant à un monde disparu, mais fidèle à ses convictions.

 4. Valeur littéraire et polémique
Sur le plan littéraire, cette préface :
Ne cherche pas à réécrire l’œuvre, mais à l’encadrer, la commenter à posteriori, avec le recul du temps.
Elle a relancé les débats autour du roman, contribuant à sa rediffusion massive à partir de 2011,
 notamment chez certains éditeurs ou sites engagés.

Position de l’auteur :
Vieil écrivain isolé, presque hors du temps, qui revendique son refus
 du consensus social et moral moderne.

« Je suis un homme de la frontière intérieure, celle qu’on ne franchit pas sans trahir ses morts. »
 
Raspail indique avoir reçu de nombreuses lettres de figures politiques diverses, parfois inattendues; 
certaines « seulement des accusés de réception courtois », d'autres témoignant d'une « lecture attentive » de son roman 
 
 
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Nous vendons ici
un rarissime exemplaire en tirage de tête sur beau papier
 de l'édition en partie originale de 2011 
 
Jean Raspail
1925-2020

"Le Camp des Saints - Précédé de Big Other"
 
Paris, Robert Laffont, 2011.

In-8, (environ 22x14 cm), 392pp., incluses quelques pages "d'annexes" in fine,
 broché, couverture crème imprimée en bleu et noir 
(Quasi Parfait état général
)

Cf visuels...

Introuvable Edition originale, tirage de tête,
 1 des 80 exemplaires de tête numérotés (avec 5 hors-commerce numérotés en chiffres Romains)
 sur beau papier de Rives Shetland blanc naturel 

Ce Tirage de tête fut réservé exclusivement aux Amis de la Librairie Fosse, 
avec justification du tirage 

 (N°11)

Parfait état intérieur, très propre, frais et bien blanc, sans rousseurs, 
feuillets à l'état de parution, non coupés

Cachet sec ex-libris en relief, de l'ancien propriétaire,
discret au bas de la première page de garde
 

Cf visuels...
 
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D'une grande Rareté !

Pour info:

En Septembre 2023, un ensemble constitué de:
l'édition originale de Décembre 1972, un des 20 rarissimes exemplaires de tête sur pur fil du Marais,
seul grand papier avec quelques exemplaires d'auteur, 
Complétée de cette indispensable édition de 2011, Nouvelle édition précédée d’une importante préface,
 "Big Other", en édition originale. Un des 85 exemplaires de tête sur Rives. 

a atteint auprès d'une très estimable salle des ventes parisienne, le prix considérable de 20625 
au marteau (sans les frais), preuve de l'intérêt bibliophilique grandissant (exponentiel!) pour cet ouvrage
 emblématique du XXe siècle, devenu culte dans certaines sphères littéraires et politiques.