Pierre BIZOT : HISTOIRE METALLIQUE DE LA REPUBLIQUE DE HOLLANDE. Paris, Daniel Hothemels, 1687.

Grand in folio (41 X 28 cm), veau brun usagé et déboîté, sans dos, clefs en velin volantes, lacérations sur un plat, bords et coins râpés, rousseurs éparses, mouillures éparses en marge inférieure et en marge supérieure en fin de volume (un peu lie de vin mais saines), déchirure sans manque pages 3/4, 74/75, 301/302, accrocs page 87/88, nombreuses pages détachées.

Titre gravé par Sébastien Leclerc, titre général, épitre dédicatoire au Marquis de Seignelay conseiller du Roy, avertissement, soit 8 ff. non chiffrés, 317 pp., 1 p. blanche n. ch., 15 pp. non chiffrées (table, privilège, errata), 12 planches hors texte comportant 40 médailles, plus de 120 gravures dans le texte de monnaies et médailles, nombreuses vignettes d'entête, bandeaux, culs de lampes souvent à mi-page, certains se répétant.

Edition originale.

Au travers de ce chef d'oeuvre de la gravure cette chronologie allant de 1566 à 1680 raconte l'histoire métallique de la république de Hollande et de son peuple qui est avant tout un peuple de marins. Les médailles représentent des blasons des familles et personnages illustres, des scènes de mer, de bateaux, de cartes et plans gravés de villes dans les médailles.
Le 17° siècle est marqué par la navigation et le commerce des Indes orientales et occidentales qui causèrent de nombreux différents entre hollandais et portugais notamment dans les comptoirs de la côte de Malabar. C'est aussi le siècle où les érudits étudient l'histoire à travers la numismatique et des médailles qui sont parvenues jusqu'à eux. Les livres de Ménestrier ou de Bizot (1630-1696) en sont une parfaite illustration. L'auteur historien et numismate naquit à Hérisson (Allier). Il était chanoine de l'église St Sauveur, garde des médailles du cabinet du Marquis de Seignelay (auquel est dédié cet ouvrage) et avait une grande connaissance de la numismatique. Louvois passionné, le chargea même d'en chercher de tous côtés.

Appartenances manuscrites au frontispice :
Antoine THIBERT (1630-1694) qui était de Valcivières (Forez, Puy de Dôme), et l'ex dono manuscrit en date de 1693 du célèbre prêtre jésuite le père François d'Aix de LA CHAIZE (1624-1709) natif du château d'Aix près de St Martin-la-Sauveté (Forez, Loire), confesseur du roi Louis XIV (Domus, Professe Paris Soc. Jesu 1693. Dono R P de La Chaize), numismate réputé spécialiste des monnaies antiques. Il fonda le médailler du collège de Lyon, possédait une riche collection personnelle, fut membre de l'académie royale des inscriptions et médailles. Lors de son départ pour Paris il emporta ses médailles qu'il légua à la maison professe des jésuites, maison de campagne près de l'église Saint-Paul à Paris où il s'était retiré. Il y fut inhumé. Pour l'anecdote il aurait marié le roi à Madame de Maintenon en 1683 après la mort de la reine. Les terres près de la maison de campagne possédées par les jésuites que le père Lachaize habitait furent embellies en un vaste domaine qui contribuèrent à la constitution du premier cimetière civil de Paris : le cimetière du père LACHAISE où tant de célébrités reposent.
Thibert et le père de La Chaize se connaissaient probablement.

Vendu en l'état des défauts (mériterait une restauration).