[MANUSCRIT AUTOGRAPHE - LETTRES ORIGINALES INEDITES -
MARIANISTES - TOKYO - ECOLE DE L'ETOILE DU MATIN - 1926/1933]
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Attention, vous trouverez de nombreux visuels sous mon texte descriptif
tout en bas de cette page...
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Société de Marie (Marianistes)
La Société de Marie (Marianistes) est une congrégation religieuse catholique masculine
fondée le 2 octobre 1817 à Bordeaux par, entre autres, Guillaume-Joseph Chaminade (8 avril 1761, Périgueux - 22 janvier 1850 à Bordeaux), ordonné prêtre en 1785, ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé (réfractaire) lors de la Révolution, réfugié en Espagne,
béatifié par Jean-Paul II le 3 septembre 2000 à Rome.
Caractéristiques
Cette congrégation a pour but l'enseignement de la foi.
Afin de réaliser cet objectif, elle s'est consacrée depuis sa fondation, de manière privilégiée,
à l'éducation des jeunes, en particulier dans le monde scolaire.
En 1998, il y avait 102 établissements dans le monde.
En Europe, aux Etats-Unis, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud
Le plus célèbre établissement étant le Collège Stanislas à Paris
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Nous vendons ici un rarissime ensemble de 10 lettres autographes envoyées
du Japon à ses cousins par Pierre Paul Griessinger,
entre 1926 et 1933
Pierre Paul Griessinger
1887-1967
né à Eguishein en 1887, marianiste en 1906, prêtre en 1916,
après avoir enseigné tour à tour à Lausanne, Fribourg, Besançon, fut envoyé au Japon en 1926.
Revenu en France pour le chapitre général de 1939, il y fut retenu par la guerre et
se retrouva sous-directeur à Besançon où le P. Macker avait transféré une partie du collège Saint-Etienne.
En 1945, le P. Griessinger prit la direction du Collège épiscopal Saint-Etienne de Strasbourg.
Quand il devint Supérieur Provincial, en 1949, il fut remplacé à Strasbourg par le P. Albert Lips.
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Les 10 lettres vendues ici sont toutes rédigées sur le beau papier
à en-tête de l'école de l'Etoile du Matin
(motif d'étoile rayonnante)
Elles font 4 pages chacune, d'une écriture à l'encre fine et serrée
(40 pages au total)
On trouve dans cet ensemble très intéressant et d'une insigne rareté, au milieu de
nombreuses considérations personnelles et familiales, ainsi que religieuses, une évocation de la vie
du prêtre-enseignant au japon, de l'état de la ville de Tokyo (sa relative insalubrité, peu de temps après des incendies et un tremblement de terre important), du climat du Japon, de l'enseignement dans l'école, de l'influence du contexte politique sur l'enseignement catholique dans une école étrangère,
de la contestation plus ou moins marquée des rituels locaux imposés,
etc...etc...
Est bien présente la toute première lettre à ses cousins du 3 Mars 1926
suivant l'arrivée du prêtre-enseignant au Japon, dans laquelle il manifeste un grand enthousiasme
Dans sa dernière lettre (en ma possession, il y en a peut-être eu d'autres...) de Janvier 1933,
il manifeste au contraire une grande inquiétude et est très préoccupé du contexte politique
qui rejaillit sur la vie quotidienne (suite à l'invasion de la Mandchourie il y a une militarisation grandissante du pays qui se retrouve au sein même de l'école), et il évoque assez précisément le problème des visites obligées aux Temples shintoistes, et aux cérémonies locales, notamment l'épisode de Décembre 1932 lorsque les marianistes furent contraints de se rendre devant le temple Meiji afin de célébrer l'Empereur-Dieu,
Le Père Griessinger (devenu alors le directeur de l'école), étant lui-même vêtu d'un costume et coiffé d'un haut de forme
(une tenue liturgique assez peu orthodoxe il faut bien l'avouer)
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Aide-mémoire:
Hiro-hito devient empereur du Japon le 25 décembre 1926, l'année même
de l'arrivée de Pierre-Paul Griessinger au Japon
Paul Claudel, est ambassadeur de France au Japon entre 1921 et 1927 (avec quelques interruptions)
Son obsession est de former de nouvelles générations de japonisants et de connaisseurs du Japon
et de promouvoir l'enseignement du français au Japon. À cet effet il entretient des relations très étroites avec l'une des meilleures écoles de Tokyo fondée par des marianistes, l'école de Gyosei
ou Étoile du matin, qui permettra près de trente plus tard au lycée franco japonais de Tokyo de naître
sous son aile avant de s'émanciper ; hélas il n'y a pas de mention concernant
Paul Claudel dans ces lettres.
L'école Gyosei (École de l'Étoile du Matin) a été créée à Tokyo en 1888 et
quatre autres établissements ont été ensuite créés entre 1901 et 1906 dans quatre villes :
Nagasaki (Ecole de l'Etoile de la mer) Yokohama, Osaka et Kumamoto.
L'école de l'Étoile du Matin a été le berceau intellectuel de nombreux Japonais de l'élite
L'amiral Shinjiro Yamamoto (1877-1942), aide de camp de l’empereur en 1931, au moment où le Japon conquérait la Mandchourie, est un ancien élève de l'école, un chrétien profondément attachés aux Marianistes (à ne pas confondre avec son homonyme auteur de l’attaque de Pearl Harbor,
l’amiral Isoroku Yamamoto), il est évoqué dans plusieurs passages de ces lettres
Voyant s’accentuer les violentes campagnes contre les écoles catholiques qui refusaient
d’aller au temple, l’amiral Yamamoto inspira au ministre de l’Éducation de déclarer que ce qui était demandé aux élèves « était uniquement une manifestation de patriotisme et de fidélité à l’empereur ». En 1932, le ministère de la Guerre imposa un instructeur militaire dans tous les collèges pour former les élèves au combat et imposer la participation aux cérémonies Jinja.
LE SHINTO “ CIVIL ” : UNE RELIGION D’ÉTAT.
À partir de 1910, le gouvernement japonais s’alarma de ce que la laïcisation des écoles en 1899
entraînait les jeunes étudiants dans l’anarchisme et l’athéisme appris en Europe, provoquant des attentats et la désagrégation morale du pays. L’État fit reconstruire les temples et l’on convoqua un congrès de toutes les religions pour les mettre au service de la nation.
Un patriotisme qui allait bientôt les mener à adorer la patrie dans la personne de l’empereur, car
« la situation était étrange : alors même que les écoles catholiques devaient pratiquer la neutralité religieuse si elles voulaient être reconnues par l’État, leurs élèves étaient invités de manière de plus en plus pressante à se rendre à Yasukuni et autres temples officiels. Il devenait évident que
la neutralité scolaire imposée par le décret du 3 août 1899 était surtout un moyen de laisser
le champ libre au culte impérial. »
En décembre 1932, les marianistes se rendirent devant le temple Meiji où cinquante mille élèves en uniforme militaire et drapeau en tête firent une inclination profonde de trois minutes, tandis que le frère de l’empereur-dieu présidait la cérémonie !
Le Père Griessinger, marianiste, raconte comment il officiait, habillé en costume
et haut de forme, la tenue “ liturgique ” :
« Pour les photographies impériales, on avait exigé un beau meuble afin de les conserver
à l’abri de tout regard. Puis on avait demandé que dans la chambre il n’y ait rien d’autre. Le cadre des photos est enveloppé dans de la soie [...]. Bref, comme pour notre Saint-Sacrement. En cas d’incendie, c’est la première chose à sauver. Pour les cérémonies au gymnase, j’ai fait installer un baldaquin avec les photos impériales. Pendant que les élèves chantent le chant national, je monte religieusement sur la scène, tire la soie blanche qui forme le devant du baldaquin pendant que tous s’inclinent, puis je descends à reculons pour regagner non moins religieusement ma place.
Nous avons eu quatre de ces cérémonies en dix jours. »
(Source: texte trouvé sur le Site internet crc-resurrection/archives/n-210-juin-2020,
texte assez proche de celui de la lettre de Janvier 1933 vendue ici)
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Sur le plan anecdotique on trouve brièvement citée dans une lettre la visite-surprise
à "l'école de l'Etoile du matin" des célèbres "mousquetaires français"
(ceux du tennis bien entendu, les "as de la raquette"), tenants à 6 reprises de la Coupe Davis,
venus faire une tournée-exhibition au Japon...
Pour mémoire, cette tournée fut marquée par les débuts internationaux
du jeune Jiro Sato (1908-1934),
qui battit tous les joueurs français, à l'exception d'Henri Cochet
Ce joueur de légende disparut prématurément et tragiquement en 1934,
en mettant (de façon toujours inexpliquée) fin à ses jours.
Citée également dans la même lettre (05/12/1929) la visite du Contre-amiral MOUGET,
Commandant la Division navale d'Extrême-Orient, et son état-major, à bord du croiseur cuirassé "WALDECK-ROUSSEAU, qui fit jouer son Orchestre à Tokyo, raconte Pierre-Paul Griessinger,
dans l'église principale de la ville
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Un ensemble de très rares documents originaux!
jamais publiés...
En feuilles, les enveloppes n'ont pas été conservées
Très bon état général, plis divers mineurs, avec quelques petites tâches
diverses anciennes ou faibles rousseurs inévitables sur les feuillets
10 Lettres en tout, toutes datées
et souvent signées P. Paul
Superbes documents originaux d'époque
cf. visuels...
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Beaux Documents très rare !
Thème très recherché