Fauteuil 39 de l'Académie française
(1911-1936)
Écrivain, poète, librettiste, critique littéraire
Henri de Régnier, né le 28 décembre 1864 à Honfleur et mort le 23 mai 1936 à Paris,
est un écrivain et poète français, proche du symbolisme.
Biographie
Issu d'une famille noble de Normandie, Henri de Régnier, a commencé ses études au collège Stanislas.
Après avoir fait son droit dans la perspective d’entrer dans la diplomatie, il a rapidement préféré se consacrer aux lettres. À partir de 1885, il commence à publier des vers dans des revues symbolistes de France et de Belgique
Le 15 juin 1885, il publie ses premiers vers, dans la revue Lutèce, puis dans le Scapin.
Admirateur de Mallarmé, aux « mardis » auxquels il assistait régulièrement dans sa jeunesse,
il avait été d’abord influencé par Leconte de Lisle et surtout par José-Maria de Heredia dont il épousa, en 1895,
l’une des filles, Marie, poète elle-même sous le pseudonyme de Gérard d'Houville.
Ce mariage ne fut pas heureux : à partir de la fin de l'année 1897, Marie entretint une relation presque stable
avec un de ses meilleurs amis, le poète et romancier Pierre Louÿs. L'enfant qu'elle conçut à cette période et qui naquit le 8 septembre 1898, baptisé Pierre de Régnier (dit Tigre), est, d’après Jean-Paul Goujon, le biographe de Pierre Louÿs, de ce dernier, qui sera d'ailleurs son parrain.
Dès son premier recueil, Poèmes anciens et romanesques (1889), il acquit la notoriété.
Ses nombreux volumes de poésie – Tel qu’en songe (1892), Aréthuse (1895), Les Jeux rustiques et divins (1897), Les Médailles d’argile (1900), La Cité des eaux (1902), La Sandale ailée (1905), Le Miroir des heures (1910) – demeurent fidèles à l'idéal classique avec toujours plus de liberté dans la forme, entre Verlaine et Valéry, à la rencontre entre le Parnasse et le symbolisme. Sa poésie révèle l'influence de Jean Moréas, Gustave Kahn et Stéphane Mallarmé, et surtout celle de son beau-père, José-Maria de Heredia.
Il écrivit également des contes (Contes à soi même (1893) et des romans : son œuvre la plus connue,
La Double maîtresse (1900), est un roman freudien avant l’heure ; il faut citer aussi Le Bon plaisir (1902), Le Mariage de minuit (1903), Les Vacances d’un jeune homme sage (1903), Les Rencontres de M. de Bréot (1904), Le Passé vivant (1905), La Peur de l’amour (1907), La Flambée (1909), La Pécheresse (1920), L’Escapade (1925), etc. Henri de Régnier avait une prédilection pour le XVIIIe siècle où il puisait volontiers ses sujets,
parfois scabreux, et dont il pastichait même le style.
Également critique littéraire, il a fait ses débuts de chroniqueur, en 1908, au Journal des débats, avant de tenir le feuilleton littéraire du Figaro de 1919 à 1936. Il est grand ami du peintre Henri Farge et d'Antonio de La Gandara,
qu’il qualifie d’« aimable dessinateur whistlérien », dans son journal.
Ayant vécu un temps rue de Magdebourg, il fréquentait les salons de la haute société parisienne,
notamment celui de la comtesse de Fitz-James, des Bonnières, de la comtesse de La Baume-Pluvinel
au palais Dario, ou de Madeleine Lemaire.
De 1908 à 1911, il a fait partie du Club des Longues moustaches
qui se réunissait à Venise, au café Florian.
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