L'ART RELIGIEUX DU XIIIe SIECLE EN FRANCE D'EMILE MÂLE EDITIONS ARMAND COLIN

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L'ART RELIGIEUX DU XIIIe SIECLE EN FRANCE D'EMILE MÂLE AUX EDITIONS ARMAND COLIN 1986


DESCRIPTION :

Le Moyen Age a conçu l’art comme un enseignement. Tout ce qu’il était utile à l'homme de connaître: l’histoire du monde depuis sa création, les dogmes de la religion, les exemples des saints, la hiérarchie des vertus, la variété des sciences, des arts et des métiers, lui était enseigné par les vitraux de l'église ou par les statues du porche. La cathédrale eût mérité d’être appelée de ce nom touchant, qui fut donné par les imprimeurs du XVe siècle à un de leurs premiers livres: «la Bible des pauvres». Les simples, les ignorants, tous ceux qu’on appelait «la sainte plèbe de Dieu», apprenaient par les yeux presque tout ce qu’ils savaient de leur foi. Ces grandes figures si religieuses semblaient porter témoignage de la vérité de ce qu’enseignait l’Église. Ces innombrables statues, disposées d'après un plan savant, étaient comme une image de l’ordre merveilleux que saint Thomas faisait régner dans le monde des idées; grâce à l’art, les plus hautes conceptions de la théologie et de la science arrivaient confusément jusqu’aux intelligences les plus humbles.
Mais le sens de ces œuvres profondes s’obscurcit. Des générations nouvelles, qui portaient en elles une autre conception du monde, ne les comprirent plus. Dès la seconde moitié du XVI
e siècle, l’an du Moyen Age devint une énigme. Le symbolisme, qui fut l’âme de notre art religieux, acheva alors de mourir.
L'Église rougit des chères légendes qui avaient bercé la chrétienté pendant tant de siècles. Le Concile de Trente marque la fin des vieilles traditions artistiques. Dans son
Traité des saintes images. livre tout plein de l’esprit du concile, le théologien Molanus montre qu’il n’entre plus dans le génie des œuvres du passé.
Au XVII
e et au XVIIIe siècle, les bénédictins de Saint-Maur, quand ils parlent de nos vieilles églises, font preuve d’une ignorance choquante chez de si grands érudits. Montfaucon, dans ses Monuments de la monarchie française, cherche sur la façade de nos cathédrales des scènes de l’histoire de France et des portraits de rois.
Que dire des simples curieux? Ils parlent des bas-reliefs et des statues de nos cathédrales, comme ils parleraient des monuments de l’Inde. Des rêveurs croient lire au portail de Notre-Dame de Paris le secret de la pierre philosophale. A la fin du XVIII
e siècle, Dupuis trouve dans le zodiaque de Notre-Dame un argument en faveur de sa fameuse thèse de l’origine solaire de tous les cultes. Lenoir, son élève, reconnaît, dans une série de bas-reliefs consacrés à saint Denis, toute la légende de Bacchus.
Il a fallu que notre siècle retrouvât laborieusement le sens des œuvres du Moyen Age devenues plus obscures que des hiéroglyphes. Quiconque arrive sans préparation devant le portail d'Amiens, ou devant le porche septentrional de Chartres, ne saurait entrer dans ce monde fermé. Il y faut un guide. Depuis 1830, de grands archéologues: les Didron, les Cahier, nous ont fait pénétrer fort avant dans ces mystères. Mais il reste encore après eux des secrets à découvrir. Il reste aussi à coordonner leurs travaux épars, à en faire un tout.
Nous avons essayé précisément dans ce livre de donner une forme systématique à leurs recherches, et, partout où nous l’avons pu, nous avons tenté de les compléter.
Un pareil travail pourra avoir son utilité pour les historiens de l’art. Étudier l’art du Moyen Age, comme on l’a fait quelquefois, sans s’attacher aux sujets, et en se préoccupant uniquement des progrès de la technique, c’est se méprendre, c’est confondre les époques. Nos vieux sculpteurs n’avaient pas de l’art la même idée qu’un Benvenuto Cellini. Ils ne pensaient pas que le choix des sujets fût indifférent; ils n’imaginaient pas qu’une statue ne fût qu’une aimable arabesque, destinée à donner à l’œil un moment de volupté. Au Moyen Age, toute forme est le vêtement d’une pensée. On dirait que cette pensée travaille au dedans de la matière et la façonne. La forme ne peut se séparer de l’idée qui la crée et qui l’anime. Une œuvre du XIII
e siècle, même quand l’exécution en est insuffisante, nous intéresse: nous y sentons quelque chose qui ressemble à une âme.
Pour avoir le droit de porter un jugement sur les 'artistes du Moyen Age, il faut donc commencer par comprendre ce qu’ils ont voulu faire.
C’est pourquoi l’introduction naturelle à l’étude de l’art du Moyen Age est une revue méthodique des sujets où cet art se complaît. Cette entreprise, qui est la nôtre, est vaste, car le meilleur de la pensée du XIII
e siècle a revêtu une forme plastique. Tout ce que les théologiens, les encyclopédistes, les interprètes de la Bible ont dit d’essentiel a été exprimé par la peinture sur verre ou par la sculpture. Nous essaierons de montrer comment les artistes ont traduit la pensée des docteurs, et nous nous efforcerons de tracer un tableau complet du riche enseignement que la cathédrale du XIIIe siècle donnait à tous.

TABLE DES MATIÈRES :

L' irremplaçable compagnon
Préface
Les caractères généraux de l’iconographie du Moyen Age
I L'iconographie du Moyen Age est une écriture
II Elle est une arithmétique. Les nombres mystiques
IIIElle est une symbolique. - L’art et la liturgie
Méthode à suivre dans l’étude de l’iconographie du Moyen Age. — Les miroirs de Vincent de Beauvais
LIVRE PREMIER: LE MIROIR DE LA NATURE
Le monde fut conçu par le Moyen Age comme un symbole. — Origines de cette conception.— La «-Clef» de Méliton.—Les
Bestiaires.
II. Les animaux représentés dans la cathédrale ont parfois un sens symbolique. — Les quatre animaux évangéliques.—Le vitrail de Lyon; la frise de Strasbourg. — Influence d’Honorius d’Autun; rôle des
Bestiaires
III. Exagérations de l’école symbolique. — Il ne faut pas chercher partout des symboles. — La faune et la flore dans l'art du XIIIe siècle. — Les gargouilles; les monstres
LIVRE II: LE MIROIR DE LA SCIENCE
I. Le travail et la science ont leur rôle dans l’œuvre de la Rédemption. — Le travail manuel. — Représentation des travaux de chaque mois; calendriers illustrés
II. La Science; le trivium et le quadrivium. — Les sept Arts dans le livre de Martianus Capella. — Influence du livre de Martianun Capella sur la littérature du Moyen Age et sur l’art
Ill Représentations figurées de la Philosophie. — Influence de Boèce
IV. Conclusion. — La destinée humaine. — La roue de Fortune
LIVRE III: LE MIROIR MORAL
I. Représentations des Vices et des Vertus dans l’art du Moyen Age. — La
Psychomachie de Prudence et son influence
II. La représentation des Vices et des Vertus affecte des formes nouvelles au XIIIe siècle. — Les douze Vertus et les douze Vices à Notre-Dame de Paris, à Chartres, à Amiens
III. La vie active et la vie contemplative: statues de Chartres
LIVRE IV LE MIROIR HISTORIQUE
L'Ancien Testament.
I. L Ancien Testament considéré comme une figure du Nouveau. — Origines de l'interprétation symbolique de la Bible — Les Pères d’Alexandrie. — Saint Hilaire. — Saint Ambroise. — Saint Augustin. — Le Moyen Age. — La
Glose ordinaire
II. Les figures de l'Ancien Testament dans l’art du Moyen Age. — Figures se rapportant à Jésus-Christ. — Vitraux symboliques de Bourges, de Chartres, du Mans, de Tours
III.Figures de l’Ancien Testament se rapportant à la Vierge. — Le portail de Laon. — Influence d’Honorius d'Autun
IV.Les patriarches et les rois. — Leur rôle symbolique
V.Les Prophètes. — Efforts de l’art du Moyen Age pour représenter les prophéties
VI.L'arbre de Jessé. — Les rois de Juda à la façade de Notre-Dame de Paris, d’Amiens, de Chartres
VII. La procession des prophètes
VIII. Résumé. — Les médaillons symboliques des vitraux de Suger à Saint-Denis. — Les statues du portail nord de Chartres
Les Évangiles.
I.Toutes les scènes de la vie de Jésus-Christ n’ont pas été représentées au Moyen Age. Pourquoi? — Les artistes ne représentent que le cycle des fêtes. — Influence de la Liturgie. — Cycle de Noël et cycle de Pâques
II.Interprétations symboliques du Nouveau Testament. — Représentations symboliques de la naissance de Jésus-
Christ. — De la Crucifixion. — Des deux Adam. — De la Résurrection. — Des Noces de Cana
III- Les paraboles. — Paraboles des Vierges sages et du Bon Samaritain. — Leur signification symbolique. — Les paraboles du Mauvais Riche et de l’Enfant Prodigue
Les tradition légendaires sur l’Ancien et le Nouveau Testament.
I- Traditions apocryphes relatives à l’Ancien Testament. — La mort de Caïn
IITraditions apocryphes relatives au Nouveau Testament. — Évangile de l’Enfance. — Évangile de Nicodème
IIITraits apocryphes se rapportant à l'Enfance de Jésus-Christ. — Le bœuf et l’âne. — Les sages-femmes. — Les Mages et leur voyage. — Miracles de Jésus enfant en Égypte
IV- Traits apocryphes se rapportant à la vie publique de Jésus. — Les Noces de Cana
V- Traits apocryphes se rapportant à la Passion et à la Résurrection de Jésus-Christ. — Légendes sur la croix. —La Descente aux Limbes. — Les apparitions .
VI- Certains détails traditionnels qui se remarquent dans les œuvres d’art viennent-ils des livres apocryphes? —Les traditions d'atelier. — Y eut-il au XIIIe siècle un Guide de la Peinture?
VII- Traditions apocryphes relatives à la Vierge. — Le culte de la Vierge au XIIIe siècle. — La Naissance de la Vierge. —Sainte Anne et saint Joachim. — Le mariage de la Vierge. — Détails d’origine apocryphe dans la scène de l’Annonciation. — Mort, Funérailles et Couronnement de la Vierge
VIII- Les Miracles de la Vierge. — L'histoire de Théophile. — Le
De gloria martyrum de Grégoire de Tours. Explication de plusieurs vitraux du Mans
Les saints et la Légende dorée.
I- Les saints. — Place qu’ils tiennent dans la vie des hommes du Moyen Age
II- La
Légende dorée. Son caractère. — Son charme
III- Comment les artistes interprétèrent la
Légende dorée. — Effort pour exprimer la sainteté
IV- Les caractéristiques des saints. — Emblèmes, attributs. — Réaction de l’art sur la Légende
V- Les caractéristiques des saints et les corporations ouvrières. — Les saints patrons
VI- Quels saints le Moyen Age a-t-il représentés de préférence? — Les Apôtres. — Leur histoire apocryphe: le pseudo-Abdias. — Attributs des Apôtres
VII- Les saints locaux
VIIILes saints adoptés par la chrétienté tout entière
IX- Influence des reliques sur le choix des saints
X- Saints choisis par les donateurs. — Les corporations
XI- Influence des pèlerinages sur le choix des saints. — Saint Jacques, saint Nicolas, saint Martin
L’Antiquité. — L’histoire profane.
I- L'Antiquité. — Les grands hommes de l’Antiquité rarement représentés dans la cathédrale. — Aristote et Campaspe.— Virgile dans sa corbeille. — L’Antiquité tout entière symbolisée par la Sibylle. — Le XIIIe siècle n’a représenté que la Sibylle Érythrée. — Pourquoi?
II- Les mythes antiques interprétés symboliquement. — Ovide moralisé
III- L’histoire de France. — Les rois de France. — Leurs images sont moins fréquentes qu’on ne pensait. — Erreur de Montfaucon
IV- Les grandes scènes de l’histoire de France. — Le baptême de Clovis. — L’histoire de Charlemagne (vitrail de Chartres). — Les Croisades. — La vie de saint Louis
La fin de l’histoire. — L’Apocalypse. — Le Jugement dernier.
I- L’Apocalypse. — Comment les artistes s’en inspirent. — L’Apocalypse espagnole et l’Apocalypse anglo-normande. —Influence de cette dernière
II- Le Jugement dernier. — Les Sources. — Importance de
l'Elucidarium d’Honorius d’Autun. — Les signes précurseurs. — L’Apparition de Jésus-Christ. — La Résurrection des morts. — Le Jugement. — Saint Michel et sa balance. — L’Enfer. — La gueule de Léviathan. — Les élus
III- L’éternité bienheureuse. — Les Béatitudes de l’âme. — Les Béatitudes du portail nord de Chartres représentées d’après saint Anselme. — Fin de l’histoire
CONCLUSION
I- Physionomie de chacune de nos grandes cathédrales
IIL’ordonnance des sujets a été réglée par le clergé. — Les artistes sont les interprètes dociles de la pensée de l’Église. — Erreur de Viollet-le-Duc. — Les artistes laïques ne sont pas des révoltés
IIILa cathédrale, œuvre de foi et d’amour
APPENDICE
Liste des principales œuvres consacrées à la vie de Jésus-Christ
Emile Mâle et l’iconographie chrétienne. — Etude comparative
Bibliographie
Index des œuvres d’an citées dans cet ouvrage
Index des noms de personnes et des thèmes iconographiques
Sources des illustrations
Table des matières


AUTEUR:

Émile Mâle, né le 2 juin 1862 à Commentry (Allier) et mort le 6 octobre 1954 à Fontaine-Chaalis (Oise)4, est un historien d'art français, membre de l'Académie française.
Émile Mâle fut un spécialiste de l’art chrétien médiéval et a laissé une œuvre importante, qui compte de nombreuses monographies sur les églises et cathédrales de France (La Cathédrale de Reims, Notre-Dame de Chartres, La Cathédrale d’Albi).



NOTICE :

Titre : L'art religieux du XIIIe siècle en France
Auteur :
Émile Mâle
Edition : Armand Colin 1986
Nombre de pages : 416 p.
Format : Emboitage cartonné, cartonné, sous jaquette, 23,5 x 30,5 x 4 cm

Etat : Cet ouvrage est en bon état. Emboitage légèrement usagé.

L'envoi sera rapide, soigné et emballé dans du papier-bulle.

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