Artiste : Paul RENOUARD (1845-1924)
Nom de l’œuvre : "Je suis Reine"... Représentant une jeune femme, certainement une comédienne, car Paul Renouard était célèbre pour ses illustrations du monde du spectacle, notamment ses croquis pris sur le vif à l'Opéra de Paris, au théâtre et dans les coulisses...
Dessin peut-être issu de l'opéra "l'étoile" d'Emmanuel CHABRIER. Car on retrouve une célèbre aria intitulée "Je suis Reine" dans cet opéra-bouffe créé en 1877...
Ou peut-être issu du théâtre, peut-être même Sarah Bernhardt !
La phrase "Je suis Reine" est une réplique forte que l'on retrouve dans plusieurs tragédies classiques ou drames historiques que Paul Renouard a souvent illustrés, comme "Marie Stuart", "Andromaque", "Phèdre", ou encore des pièces comme "Ruy Blas" de Victor Hugo...
Technique et support : Dessin au crayon sur papier
Époque : Fin XIXème ou tout début XXème siècle...
Précisions : Cachet de l'atelier "Atelier RENOUARD" bleu en bas à droite
Dimensions : Du cadre : 33 x 26 cm / Sans le cadre (à vue) : 22 x 14,5 cm
Autres commentaires : En bon état, le cadre porte quelques traces d'usure, mais rien de bien méchant (voir les photos)...
Paul
RENOUARD (1845-1924) :
Charles
Paul Renouard, né à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher) le 5 novembre 1845 et mort à
Paris le 2 janvier 1924, est un peintre, graveur et illustrateur français.
Sixième
enfant d'un modeste sabotier, Paul Renouard quitte en 1859 sa région natale
pour aller gagner sa vie à Paris. Il devient peintre en bâtiments et a
l'occasion de venir travailler dans les locaux de l'École des beaux-arts. Il y
montre occasionnellement un talent de dessinateur qu'il possède depuis son
enfance. Il est remarqué et en 1868, il est admis aux Beaux-Arts où il entre
dans l'atelier d'Isidore Pils. Élève aimé de ce dernier, il l’aide dans
l'exécution des décorations intérieures de l'opéra Garnier et, en 1875, Pils
étant tombé malade, Paul Renouard peint les plafonds du grand escalier d'après
les cartons de son maître.
Il peint
des danseuses, des portraits de beaucoup des personnalités de son siècle :
Pierre Waldeck-Rousseau, Sarah Bernhardt et Victorien Sardou, Ambroise Thomas,
Alexandre Dumas fils, Émile Bergerat, Ravachol, Michel-Eugène Chevreul, Louis
Ménard, Joseph Meissonnier, Camille Saint-Saëns, le général Boulanger, et tous
les membres de l’Institut et de la Chambre des députés, puis Lawrence
Alma-Tadema, John Everett Millais, la maréchale Katie Booth, Frederic Leighton,
Luke Fildes, les neuf croquis d’Henry Irving dans le rôle de Méphistophélès.
Paul
Renouard est surtout un illustrateur prolifique travaillant en noir et blanc
pour les grands journaux illustrés. Collaborateur attitré de L'Illustration, du
Paris illustré, de la Revue illustrée, du The Graphic, il a été célèbre par ses
séries sur la vie anglaise, sur l'opéra Garnier et sur des événements comme
l'Exposition universelle de 1900, l'affaire Dreyfus, le procès d'Émile Zola,
les affaires Thérèse Humbert et Steinheil, les fêtes du couronnement d'Édouard
VII, les obsèques de la reine Victoria, les fêtes et tournoi du 75ème
anniversaire de l'Indépendance de la Belgique et l'Exposition universelle de
1905 de Liège, les fêtes franco-russe à Compiègne en 1901, la Première Guerre
mondiale.
À Londres,
où il a vécu presque autant qu’à Paris et qu’ailleurs, il illustre le
Parlement, Drury Lane, la Salvation Army, les prisons, le quartier des docks,
les fumeries d’opium de l’East End, le Lyceum Theatre, les Cours de justice,
les casernes de horse-guards, le monde des sports, les music-halls, la Royal
Academy pour The Graphic. Dans ses Croquis de poche à Londres, il dépeint avec
humour les types de la vie journalière anglaise, clubmen enfouis dans les
vastes fauteuils de cuir, visiteurs dans les musées, policeman et copistes de
la National Gallery, le personnel des gares ferroviaires, les promeneurs de
Hyde Park, les dormeurs de Kensington Gardens, les cochers, les conducteurs
d’omnibus, le petit monde des écoles de l’Est, la classe des bébés… Il assiste
au Jubilé de la reine, à des distributions de prix par le doyen de l’abbaye de
Westminster, au remontage de Big Ben, aux Royal Tournaments, aux classes de
danse de Katie Lanner, aux séances du Cercle anarchiste de Berners street.
Puis, c’est l’Irlande, une suite de pages aux accents sombres : enfants portant
la tourbe pour payer l’école, un meeting, une éviction, les approches de la
police…
À Rome
pendant la Semaine sainte, à Washington pendant le Congrès, il saisit la vie
politique d’outre-mer sur le vif dans une collection de portraits et de scènes
aussi expressifs que spirituels : le Comité des appropriations, le Comité des
voies et moyens, la gauche, la droite, les représentants de la presse au
Parlement, le sténographe, les portraits de Mark Carlisle, président de la
Chambre des députés, de John James Ingalls, président du Sénat…
« Plus
qu'un peintre de la vie moderne, il en a été le journaliste supérieurement
informé, le reporter intelligent et clairvoyant, qui d'un regard vif et rapide
auquel rien ne semble devoir échapper perçoit immédiatement ce qui doit être vu
et retenu de pittoresque et de tragique ; car Paul Renouard savait à l'occasion
s'élever jusqu'à l'histoire et notait fidèlement d'un crayon ferme, prompt et
hardi, avec puissance de vérité qui localise sûrement la scène et le milieu,
silhouettait énergiquement les personnages, accusant avec décision et précision
les caractères et les types dans les individus. »
Il a marqué
son époque et touché ses contemporains tel Vincent van Gogh qui, à travers sa
correspondance avec son frère Théo, a témoigné d'une grande admiration pour son
travail et son talent.
Membre de
la Société nationale des beaux-arts et de la Société des artistes français,
Paul Renouard obtient une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris de
1889 et de 1900. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1893.
Il est
professeur à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en 1903.
L'illustrateur
Jacques Touchet a été son élève.
Il meurt à
Paris le 2 janvier 1924 et repose dans le petit cimetière de Chambon-sur-Cisse.
Ses œuvres
sont conservées à Paris au musée du Louvre et au musée d'Art moderne de Paris
(séries sur la vie anglaise), à la bibliothèque-musée de l'Opéra (séries sur la
danse et l'Opéra), au musée national de l'Art occidental de Tokyo, à la
Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles, au musée des Beaux-Arts de Tours,
de Limoges et de Blois.
Hayashi
Tadamasa fut un des mécènes de Paul Renouard, et sa collection de près de 200
gravures et dessins fit, à la mort du collectionneur, l’objet d’une donation
par ses héritiers au musée de la Maison impériale de Tokyo (actuel musée
national de Tokyo).
L1495/2612/2602/790