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Le
catharisme (du grec καθαρός / katharós, « pur ») est un mouvement
chrétien médiéval. Il ne s'est jamais autodésigné ainsi, car ce terme,
inventé par l'abbé de Eckbert von Schönau pour désigner les « hérétiques
», fut popularisé en français par l'occitanisme des années 1960 dressé
contre le centralisme jacobin1. Les « cathares », en effet, se
désignaient eux-mêmes comme « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons
Chrétiens ».
La doctrine cathare, probablement influencée par des
prêcheurs pauliciens2, considérait l’univers comme la création d’un
dieu ambivalent, le monde matériel procédant d’un mauvais principe
offrant tentations et corruption, tandis que le paradis procède d’un bon
principe offrant rédemption et élévation spirituelle. Le corps humain
est considéré comme la prison matérielle des âmes d’anges précipités sur
terre lors d’une bataille entre les deux démiurges, bon et mauvais. Les
âmes errent de corps en corps et de mort en mort, selon le principe de
la métempsycose (réincarnation). Seul le baptême spirituel – le
Consolament – a la capacité de briser la chaîne qui retient l’âme au
corps, et de permettre ainsi après une ultime mort terrestre à l’ange de
regagner le ciel. Les cathares attribuent l’Ancien Testament au dieu
mauvais, et le Nouveau Testament au dieu bon, ce qui constitue une forme
de marcionisme. Les cathares ont été embarrassés par la figure du
Christ, dont l’incarnation n’est pas envisageable dans le cadre du
dogme, car cette incarnation le jette dans le monde de la matière, et
donc, sous le pouvoir du dieu mauvais. Cette dualité entre Dieu bon et
Dieu mauvais a connu de nombreuses interprétations divergentes au sein
même du clergé cathare (dualisme absolu et mitigé), et cela caractérise
les différentes églises cathares.
Le nom de cathares a été donné
par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique
romaine et adopté tardivement par les historiens. Il provient d'un
traité de saint Augustin (mort en 430) contre des hérétiques de
l'Antiquité tardive, qui étaient dits "cathares", c'est-à-dire "les
purs" en grec. En 1163, le moine bénédictin Eckbert de Schönau est le
premier à reprendre ce terme, qu'il tire directement du traité
d'Augustin, pour nommer des hérétiques médiévaux (en l'occurrence, ceux
qu'Eckbert a contribué à juger et condamner dans la région de Cologne).
De nombreuses autres étymologies fantaisistes ont été proposées jusqu'à
une date récente, car on n'avait pas encore établi que l'expression
latine "cathari, id est mundi" ("cathares, c'est-à-dire purs") avait été
trouvée par Eckbert de Schönau chez Augustin note 1.
La
structure du catharisme est une « communauté à deux niveaux »3. Les
adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes
Dames » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par
l’Inquisition, qui désignait ainsi les « parfaits hérétiques »,
c’est-à-dire ceux qui avaient reçu le « consolament », c’est-à-dire un
rite de baptême par l'apposition des mains, et faisaient la prédication,
par opposition aux simples fidèles, dont l’engagement était bien
moindre.
Principalement concentré en Occitanie, dans les comtés
de Toulouse et de Béziers-Albi-Carcassonne, le catharisme subit une
violente répression armée à partir de 1208 lors de la croisade contre
les Albigeois puis, condamné au IVe concile de Latran en 1215, durant un
siècle, la répression judiciaire de l’Inquisition.
Étymologie
L’origine
du terme semble remonter au grec « καθαροι » (catharoi, qui signifie
pur), terme qui, chez saint Augustin, désigne une secte manichéenne
africaine dont les adeptes se seraient prétendus purs. L'abbé de Schönau
Eckbert (en), moine rhénan, utilise le qualificatif dans un de ses
treize sermons en 1163 pour désigner les hérétiques de Germanie puis
dans son manuscrit en 1164 Liber contra hereses katarorum qui est un
tissu de citations empruntées au De haeresibus de saint Augustin. Invité
par l’archevêque de Cologne Rainald von Dassel à venir débattre
publiquement de cette secte dont plusieurs membres viennent d’être
brûlés, l’abbé avait conceptualisé le catharisme dès 1155 à partir de
différentes traditions manichéennes (cathari, catharistae et
catafrigae)4. Vers 1200, on retrouve le mot dans un ouvrage De haeresi
catharorum in Lombardia puis dans Adversus catharos, de Monéta de
Crémone vers 1241 et enfin Summa de catharis de Rainier Sacconi,
quelques années plus tard.
Trois autres étymologies ont été
proposées par Alain de Lille, dans De fide catholica, vers 1200. La
première rattache le mot à casti, chaste, juste. Michel Roquebert juge
cette hypothèse irrecevable. La deuxième est grecque, cathar, qui
signifierait que des cathares suinte le vice. En fait Alain de Lille
confond cathar, pur, et katarroos, écoulement. Mais au delà de l’erreur
de grec, le sens reste plausible. Enfin la troisième origine serait
latine, de catus, le chat « car, à ce qu’on dit, ils baisent le derrière
d’un chat »note 2. Lorsque l’Église catholique n’utilise pas le terme
hérétique elle emploie parfois le mot cathare, infamant5. Quoi qu’il en
soit, le terme n’est jamais utilisé par les hérétiques eux-mêmes. C’est
apparemment Charles Schmidt qui relance l’expression en 1848 avec son
Histoire ou doctrine de la secte des cathares ou albigeois. Le terme
cathare manque donc de neutralité, mais c’est celui qui s’est imposé6.
Apparition et expansion en Europe
Possible paternité bogomile ou provenance d’Europe de l’Est
On
a longtemps hésité sur les liens entre le catharisme et le bogomilisme.
Ces deux doctrines furent considérées alors comme proches du
manichéisme, car le clergé romain disposait d'ouvrages de réfutation,
notamment ceux d'Augustin, ancien manichéen lui-même. Le bogomilisme né
en Bulgarie, subsistera en Bosnie, où il aurait été la religion
officielle jusqu'à la conquête turque, à la fin du XVe siècle. La thèse
de filiation directe est aujourd'hui contestée7, même si les historiens
admettent l'existence d'échanges et de convergences des doctrines. Le
dernier colloque de Mazamet (2009) vient de confirmer les liens entre
cathares et bogomiles, ainsi que les origines doctrinales des deux, qui
remontent aux premiers siècles du christianisme (écrits canoniques de
Paul, doctrine de Marcion, doctrine de Valentin). En outre, les
recherches menées sur les sources grecques et orientales (Pierre de
Sicile) montrent que la doctrine bogomile aurait été transmise par les
Pauliciens expatriés volontaires ou chassés de l'Arménie (Turquie
actuelle) vers la Thrace bulgare au VIIe et au IXe siècle. La doctrine
paulicienne fut fondée au VIIe siècle en Arménie par Constantin-Silas,
aussi connu sous le nom de Constantin de Mananalis8, suite à la
transmission d'évangiles et de lettres pauliniennes par un diacre
possiblement marcionite vu la région et l'époque considérées. Le lien
est encore plus patent lorsque l'on examine le fondement doctrinal
faisant référence au dieu étranger et inconnu notammentnote 3.
Apparition en Europe occidentale
Le château de Montségur, pris en 1244 après un siège de plusieurs mois, et remanié vers la fin du XIIIe siècle.
Des
communautés hérétiques sont apparues en Europe occidentale vers l'an
Mil, sous différents noms selon les régions : manichéens, néo-manichéen
(terme de Bernard Gui), origénistes, piphles, publicains, tisserands,
bougres, patarins (terme surtout en Italie), albigeois, en Allemagne, en
Autrichenote 4, en Flandre, en Champagne, en Bourgogne. Le fait que les
relevés doctrinaux soient conformes à la base de la doctrine cathare
(au sens large du terme) permet de relier ces différentes émergences,
même si la répression les a fait disparaître de ces régions. La présence
de l'évêque de France à Saint Félix Caraman, cité dans la Charte de
Ninquinta (aujourd'hui largement authentifiée), prouve les liens entre
ces communautés du nord et celles d'Occitanie.
Persistance dans le midi de la France
Les
réactions des autorités civiles ou ecclésiastiques et des populations
expliquent cette géographie du catharisme et sa persistance dans le
Midi. Selon Michel Roquebert, cette tolérance religieuse est peut être
due à une longue cohabitation avec d'autres confessions : arianisme de
la période wisigothe, proximité de l’Espagne islamique, présence de
nombreux juifs. Pour ce qui est de l'Italie du Nord, l'implantation du
catharisme, très différent de celui qui se développa en France, profite
du conflit entre le pape et l'empereur. C'est dans ces régions que les
Bons Hommes se sont organisés en communautés d'hommes ou de femmes
dirigées par des anciens, des diacres et des évêques. Ces communautés
étaient constituées de plusieurs « maisons ». On y aurait souvent
pratiqué des métiers liés à l’artisanat local, et fréquemment le
tissage, en référence aux premières communautés chrétiennes. Plusieurs
communautés constituaient une Église, ou diocèse cathare, à la tête
duquel se trouvaient des évêques.
la croix du Languedoc, croix « évidée et pommetée », symbole de ralliement catharenote 5.
Les cathares en Corse
Article détaillé : Giovannali.
Il
y a un débat historique pour déterminer si les Giovannali ont une
parenté avec les cathares ou non. Certains chercheurs estiment que les
Giovannali sont une branche de la dissidence franciscaine sans lien avec
le catharisme. Quoi qu'il en soit, ils semblent avoir représenté une
menace politique pour le pouvoir local.
Les Églises cathares
Au
milieu du XIIe siècle (1167), les Églises cathares étaient au nombre de
huit cents en France[réf. nécessaire]. Au XIIIe siècle, en 1226, un
nouvel évêché fut créé, celui du Razès, dans la région de Limoux[réf.
nécessaire]. Ces Églises étaient indépendantes. Elles ne reconnaissent
pas d'autorité supérieure à celle des citoyens, contrairement à l'Église
catholique romaine qui avait une hiérarchie avec des prêtres, des
évêques et le pape. Les maisons de « parfaits » étaient réunies sous
l'autorité d'un diacre, et chacune était dirigée par un ancien ou une
prieure. L'évêque était lui-même assisté par un « fils majeur » et un «
fils mineur », qui étaient choisis parmi les diacres. Ils prenaient sa
succession, le fils mineur remplaçant le fils majeur, qui devenait
évêque à la mort de celui-ci ; cela se produisit fréquemment lorsque la
persécution commença. Les femmes pouvaient obtenir le consolament, et
accéder ainsi à la vie de « parfaite ». Même si elles n'étaient pas
habituellement chargées de la prédication, comme les hommes, quelques
exemples montrent qu'elles pouvaient assurer toutes les missions
dévolues aux bons hommes : prédication en association avec un homme,
participation aux disputes (comme le cas célèbre d'Esclarmonde de Foix)
et consolament, notamment pendant la répression inquisitoriale. Par
contre, nous n'avons pas trace de femme diacre ou évêque.
Le
principe de cette structure hiérarchique était vraisemblablement de
reproduire fidèlement celle de l'Église primitive, telle qu'elle serait
décrite dans le Nouveau Testament (épîtres de Saint-Paul, et dans les
Actes des apôtres, principalement). En cela ils s'opposaient, comme
leurs prédécesseurs, à l'Église accusée d'avoir perverti le
christianisme authentique par son inféodation à l'empereur Constantin,
validée par le concile de Nicée en 325.
La doctrine cathare
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Fondements
Le
catharisme ne s'appuie pas sur une théologie puisqu'il considère que
Dieu, inconnaissable et non accessible, est absent de ce monde. Cette
doctrine est le fruit d'un travail de recherche scripturaire, prenant en
compte le Nouveau Testament, notamment l'Évangile selon Jean et
l'Évangile selon Lucnote 6.
Article détaillé : textes cathares.
Cette
interprétation des évangiles est très différente de celle qu'en fait le
christianisme. Les cathares s'appuient aussi sur de nombreux écrits
(Paul de Tarse, Marcion, Livre des deux principes, rituels, etc.). Ils
s'inspirent aussi de courants de pensée plus anciens (paulinisme,
gnosticisme), tout en gardant, sur bien des points, de notables
distances avec ces philosophies ou religions, auxquelles le catharisme
ne peut être assimilé d'un bloc. Les cathares interprètent d’une façon
particulière les écrits de Paul de Tarse et de Marcion. Les cathares
recherchent le sens originel du message du Christ. La foi cathare se
base sur les principes suivants :
Sur la question de Dieu, du bien, du mal
Dieu,
appelé le principe Bon, existe de toute éternité et n'aura pas de fin.
Il est parfait et son œuvre est parfaite, inaltérable et éternelle. Il
est omniscient et tout puissant dans le Bien. Dieu est le créateur de ce
qui est, et ce qu'il n'a pas créé n'est rien (nihil traduit par « néant
»). Les esprits, appelés anges par simplification, sont de nature
divine.
Dans le Néant est le principe Mauvais, ou principe du
Mal. Dieu, qui n'a pas de mal en Lui, ne peut connaître ce principe
Mauvais, mais celui-ci, ambitionnant d'imiter Dieu, est parvenu à
détourner une partie des esprits de la création divine. Le principe
Mauvais a attiré les esprits par force (catharisme absolu ou dyarchien),
ou par tentation (catharisme mitigé ou monarchien), car il n'a
d'existence que pour autant qu'il puisse se mêler à la création divine
(le Bien).
Cette vision de la constitution de l'univers visible
constitue le mythe de la chute du tiers des anges ou, selon les
interprétations, de la troisième partie de leur composition : être, âme,
et corps subtil. Introduits dans des corps charnels fabriqués par
Lucifer, ces êtres sont différents de l'âme qui est de création
maléfique, et qui assure la survie du corps charnel. Cette création,
issue d'un créateur imparfait et non éternel, est imparfaite et
corruptible. Elle a eu un commencement et elle aura une fin. Cette fin
surviendra quand le Mal s'étendra sur la création et que les esprits
auront réussi à s'extraire de leur prison charnelle pour retourner à
Dieu. Alors, le Mal, ayant perdu les avantages du mélange, redeviendra
Néant. Le Mal est donc vainqueur dans le temps, mais son accomplissement
constitue sa perte. Il est donc vaincu dans l'éternité.
Les deux
principes ne sont pas de même nature et de même puissance. Il ne s'agit
donc pas d'un dualisme manichéen, ni d'un dithéisme. En opposition avec
la doctrine chrétiennenote 7, la doctrine cathare soutient un dualisme
originel, centré sur la bonne création, qui seule subsistera à la fin
des temps. Le Dieu de l'Ancien Testament est en fait l'envoyé du Mal,
comme le disait déjà le marcionisme (sources en Asie Mineure), et les
livres de l'Ancien Testament ne sont donc pas reconnu comme canoniques,
et comme l'émanation de l'Esprit Mauvais.
Les cathares
reconnaissaient un ou deux principes, selon qu'ils étaient « monarchiens
», ou « dyarchiens », « mitigés » ou « absolus ». Les cathares absolus
pensaient que le principe du Mal ne pouvait trouver son origine dans le
principe du Bien. Autrement dit, représentant le Bien absolu, Dieu ne
pouvait avoir créé un ange corruptible (Lucifer). Pour les dualistes
absolus, les deux principes, le Bien et le Mal, coexistent depuis la
création divine, puisque c'est hors de cette création qu'ils se
trouvent.
Sur la vie
Les Bons Chrétiens, comme ils se
nommaient, avaient et prêchaient un respect inconditionnel de la vie.
Tout ce qui avait place dans le monde matériel méritait considération.
Le mépris du corps et la volonté de purification expliquent qu'ils
observaient un régime alimentaire très strict, qui peut aller jusqu'à
l'enduranote 8. Les relations sexuelles, que ce soit dans le mariage ou
en dehors, relevaient de la même impureté, et devaient être évitées pour
les Parfaits. Les Parfaits avaient à cœur de mener leurs contemporains
sur la voie du salut afin d'écourter, un tant soit peu, le cycle des
passages en ce bas monde.
Sur Jésus-Christ
Selon les cathares,
le Christ, fils de Dieu, et envoyé par Lui, est venu pour leur révéler
leur origine céleste et pour leur montrer le moyen de retourner aux
cieux. Ainsi, le Christ est uniquement l'envoyé du Père (angelos : ange,
messager) venu apporter le message du salut aux hommes. Il ne s'est pas
soumis au Mal par l'incarnation, et est demeuré un pur espritnote 9.
Marie n'a pour les cathares jamais nourri Jésus quand il était dans son
ventre, elle n'assurait que sa protection. (Thème de l'adombration)
Sur l'Esprit-Saint et l'esprit en général
L'esprit
est transmis, soit par les générations depuis le premier homme, soit
par transmigration dans un nouveau-né après la mort (réincarnation)9.
C’est
uniquement par le Saint-Esprit que l'esprit peut être libéré du monde
physique, et c’est par le baptême, par imposition des mains[réf.
souhaitée], reçu par les apôtres et transmis par eux, que l’esprit
pourra accéder au Salut. Toutefois, le baptême ne peut être administré à
un jeune enfant de moins de 13 ou 14 ans, car il est jugé inapte à
discerner l'importance de cet actenote 10. Le baptême cathare devait
être administré à une personne en connaissance de cause et sur la base
de sa conviction.
Pratiques, sacrements et rites
Refus de l’orthodoxie
Les
cathares, se considérant alors comme les seuls vrais disciples des
apôtres, souhaitaient adopter le modèle de vie, les rites et les
sacrements, des premières communautés chrétiennes. Ils s'appuyaient
principalement sur les enseignements du Nouveau Testament, et leur
unique prière était le Notre Père. Ils considéraient que toutes les
pratiques et sacrements instaurés par l'Église dès les premiers siècles
et petit à petit n’avaient aucune valeur :
le sacrement du baptême, que les prêtres confèrent notamment aux nouveau-nésnote 11 ;
le sacrement de l'Eucharistie : refusant de croire en la
transsubstantiation, c'est-à-dire la transformation du pain et du vin en
le corps et le sang du Christ lors de leur consécration par le prêtre
lors de la messe. En revanche, en mémoire de la dernière Cène du Christ
avec ses apôtres, les cathares bénissaient le pain lors du repas
quotidien pris avec leurs fidèles. C’était le rituel du « pain de
l’Oraison » ;
le sacrement du mariage, celui-ci légitimant à
leurs yeux l'union charnelle de l'homme et de la femme, union à
l'origine du péché originel d'Adam et Ève selon leur interprétation de
la Genèse ;
la médiation des saints et le culte des reliques ;
De
même que dans certains courants de l'Église chrétienne primitive,
l'idéal cathare était basé sur une vie ascétique, alors que le sacrement
du mariage aurait été créé plus tardivement. Ils n'attachaient pas
d'importance aux églises bâties qui n'étaient pas pour eux les seuls
lieux du culte car la parole du Christ peut être enseignée partout où se
réunissent les fidèles. Enfin, leur seul sacrement est le baptême par
imposition des mains, ou consolament.
Le consolament
Le
sacrement du consolament (consolation, en occitan, du latin
consolamentum) ou « baptême d'esprit et du feu » par imposition des
mains, est le seul à apporter le salut en assurant le retour au ciel de
la seule partie divine de l'homme : l'esprit. Il est le point de départ
d'un choix de vie en accord avec la doctrine cathare (justice et
vérité), permettant à la nature divine de l'impétrant de se détacher
partiellement de la nature mondaine ou charnelle, et d'accéder au salut.
Le consolament officialise donc le choix du novice ou du mourant à
mener une vie chrétienne. Il n'est que la reconnaissance d'un état et
non un apport d'une qualité extérieurenote 12. Ce sacrement jouait un
rôle fondamental dans les communautés cathares car il était à la fois
sacrement d'ordination et de viatique (extrême-onction), alors appelé «
consolament des mourants ».
Le consolament était conféré par un
membre de la hiérarchie et engageait celui qui le recevait dans une vie
religieuse qui, comme toute ordination, suppose de prononcer des vœux et
de respecter une Règle. Ici il s'agissait de pratiquer l'ascèse, de
s'engager à ne pas manger de nourritures provenant des animaux (
viandes, œufs, lait, graisses animales, …), de pratiquer la morale
évangélique, comprise comme l'interdiction de jurer, de mentir, et de
tuer. Il faisait d'un croyant cathare un Bon Homme ou une Bonne Dame,
membre du clergé, prédicateur, et capable d'apporter lui-même le
consolament aux mourants.
Le consolament était donc aussi
administré aux mourants qui en faisaient la demande, c'est-à-dire aux
simples croyants qui n'avaient pas franchi le pas de l'ordination durant
leur vie, mais souhaitaient rencontrer le Saint-Esprit, leur donnant
une chance d'accéder au salut avant de mourir. Les prières des «
parfaits », Bons Hommes ou Bonnes Dames, après la mort du consolé,
pouvaient durer encore quatre jours, et si le mourant survivait, il
devait alors embrasser la vie de « parfait » avec les contraintes
associées.
La vie des « parfaits » et « parfaites »
Travail manuel et vie communautaire
Étant
ordonnés, les parfaits entraient dans un ordre religieux, mais sans
sortir du siècle. Ils étaient en effet astreints au travail manuel pour
vivre, ce qui leur donnait un avantage considérable pour leur
prédication, en les maintenant au contact de la population qu'ils
instruisaient directement, via des traductions des Écritures saintes en
langue vernaculaire, contrairement au clergé catholique qui refusait à
l'époque l'accès direct du peuple aux textes sacrés. Cela leur
rapportait également l'argent du produit de leur travail. Cet argent
leur permettait par exemple de se déplacer et avec les dons et les legs,
de créer les conditions de l'existence d'une hiérarchie. Par contre la
pauvreté personnelle était prescrite.
Les cathares vivaient dans
des « maisons de parfaits », intégrées aux villes et aux villages, qui
leur permettaient de rencontrer la population et de prêcher, et leur
servaient d'atelier. Des jeunes y étaient envoyés par leurs parents
simples fidèles ou déjà ordonnés, pour leur formation en vue de leur
propre ordination. Tout « parfait » rejoignait une maison de « parfaits
», et y travaillait de ses mains, y compris les nombreuses épouses
nobles et leur progéniture qui faisaient partie des rangs des cathares.
Le sacrement de mariage n'étant pas reconnu, elles se séparaient de leur
mari, généralement lui-même simple croyant.
Le consolament des
mourants pouvait être conféré dans les maisons des « parfaits », dans
laquelle le consolé était transporté et mourait. Lorsque vint le temps
des persécutions, les « parfaits » durent se cacher chez des fidèles,
mais ils y payèrent toujours leur nourriture par le travail manuel.
Vie apostolique
Se
rapprochant des premiers chrétiens, les « parfaits » cathares
envisageaient un salut passant par un grand zèle religieux, parfois
jusqu'à l'ascétisme. Afin de ne pas procréernote 13, ils étaient
astreints à la chasteténote 14, et devaient constamment aller par deux
personnes du même sexe. Chacun avait son sòci, ou compagnon, ou sa sòcia
pour les femmes. Cette prédication au coin du feu de deux personnes de
même sexe conduira à l'accusation de bougrerie (c'est-à-dire
d’homosexualité) fréquemment enregistrée dans les registres de
l'Inquisition. Cette façon de vivre toujours au moins à deux tenait à la
conviction que l'esprit seul ne peut éviter de se fourvoyer alors
qu'avec au moins un compagnon ou une compagne, les tentations de la
chair sont plus faciles à combattre.
Les « parfaits » ne devaient
pas mentirnote 15, s'abstenir de tout vice, de toute méchanceté, en un
mot être simplement de bons chrétiens selon les Évangiles. Cela devait
inévitablement conduire à l'édification toute de la population
chrétienne. Néanmoins, le catharisme toucha essentiellement une
population bourgeoise ou noble, sauf dans la dernière période. Outre
l'interdit du meurtre, les « parfaits » ne devaient pas tuer les
animaux. Ils devaient s'abstenir de toute consommation de produits
animaux car issus de la reproduction animale. En cela ils
s'interdisaient toutes viandes ainsi que le lait et les produits
dérivés. Le jeûne était de pratique courante, mais le jeûne le plus
strict prévoyait du pain et de l'eau. Trois carêmes annuels étaient
pratiqués. L'endura est un jeûne suivant le consolament et qui a pu
conduire certains « parfaits » à la mort pendant l'inquisition en raison
de situation particulières (mourants ou blessés recevant in extremis le
consolament).
Dernière obligation faite surtout aux hommes : la
prédication. Les « parfaits » devaient prêcher le salut par l'ordination
du consolament et la morale évangélique. Cette prédication se faisait
dans les maisons ateliers, mais également parfois chez des fidèles ou
sur la place publique.
Refus de l'alimentation carnée
Article détaillé : végétarisme#Religions_abrahamiques.
Pour
les cathares, l'abstinence de nourriture animale n'est pas une
privation10. Guilhem Bélibaste, dernier « parfait » cathare connu, a dit
à propos des pratiques de privations catholiques : « le jeûne que vous
faites vaut autant que le jeûne du loup »11. Il s'agit plutôt d’un
prolongement de l’interdit du meurtre à toute vie animale. Le
catharisme, là encore, se distingue par une certaine radicalité. En
effet, tous les animaux, dans la perspective cathare, sont susceptibles
d'avoir reçu une âme céleste11.
Le végétarisme cathare était un
refus de commettre la violence à l'égard d'une créature « ayant du sang
», – principe pour eux des « vrais chrétiens » :
« Si un
criminel dangereux les attaquait, ils pouvaient se défendre ; tuer la
vipère ou le loup. Encore qu'à l'époque du catharisme triomphant, un «
parfait » ne l'eût sans doute point fait, car il était aussi grave de
tuer une bête « ayant du sang » que de tuer un homme. »
— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.
On
retrouve, à l'autre extrémité de la période cathare, des indications
explicites de l'idée d'âme reçue également par toute vie animale : Deux
femmes de Montaillou (Ariège), vers 1300, discutent religion : « ma
commère, ce serait un grand péché de tuer cette poule ! – Est-ce un si
grand péché de tuer une poule qu'on le dit ? – Oui, car dans notre
religion, les âmes humaines, quand elles sont sorties des corps des
hommes et des femmes, se mettent ou s'introduisent dans des poules. 11 »
Le
refus de tuer la volaille est un topique de la littérature médiévale11 :
un inquisiteur dénonce à l'empereur les cathares amenés à Goslar par le
duc de Lorraine vers 1053, un autre inquisiteur fait brûler un
toulousain qui lui avait répondu qu'il ne voyait pas quelle faute avait
commise ce coq, pour qu'il dût le tuer (vers le milieu du XIIIe
siècle)11 ; le même fait brûler deux dames de Foix, en fuite, et que
leur déguisement de mauresque n'avait pas mise hors de la suspicion de
leur aubergiste toulousaine, qui renseignait l'Inquisition : en effet,
prétextant qu'elle s'en allait faire le marché, l'aubergiste leur
demanda de tuer et de déplumer les poules pendant son absence, afin de
l'avancer dans son travail ; comme lorsqu'elle fut revenue les poules
étaient toujours vivantes : l'aubergiste ne dit pas un mot, appâtée par
la prime promise aux délateurs ; elle sortit et revint avec deux
sergents de l'Inquisition, qu'elle avait déjà alertés11; il n'y a pas
lieu de chercher des motifs mystérieux à cette épreuve, qui remplaçait
avantageusement les ordalies en usage si longtemps contre les hérétiques
dans le nord de la France11.
Les poulets ne sont pas seuls en
cause11. Les cathares fréquentaient les paysans, et essayaient de
modifier leur mentalité11. Ils leur recommandaient, par exemple, de
traiter les animaux avec douceur11. Les femmes se montraient sans doute
plus sensibles que leurs maris :
« Guillemette, voyant un
Croyant cathare faisant fonction de Parfait battre méchamment son
ânesse, ne contient pas son indignation : "ça se dit receveur d'âmes, et
ça martyrise les animaux !" »
— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.
La sensibilité cathare à ce sujet pouvant prendre les formes les plus désespérées :
« Un hérétique que l'on mène en prison, à travers les rues de Limoux,
se met à pleurer en voyant les bouchers tuer des veaux, près de
l'abattoir de la ville. Il pleurait sur le sort de tous ces gens qui
pêchaient mortellement – et se perdaient – en mettant à mort une bête. »
— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.
Si
les Parfaits tombaient par hasard sur un animal pris au piège, ils
avaient le devoir de le délivrer, mais, de ce fait, ils causaient un
dommage au chasseur. Alors, bien que leur rituel ne leur en fît pas
obligation, ils faisaient partir le lièvre et laissaient à sa place une
pièce de monnaie11.
La fin du mouvement cathare
Les Inquisiteurs
exigeaient d'abord des sympathisants hérétiques qu'une croix latine
jaune soit cousue sur leurs vêtements, l'une sur le dos et l'autre sur
la poitrine, signe d'infamie12.
Causes de la persécution
Leur
obstination, leur anticléricalisme intransigeant, leur opposition à la
hiérarchie catholique, à laquelle ils reprochent sa richesse
ostentatoire et ses abus de pouvoir, et surtout l'assassinat du légat
Pierre de Castelnau valent aux cathares de s'attirer les foudres de
l'Église romaine, d'autant plus que leur mépris pour le corps et leur
conception nihiliste de l'existence étaient perçus comme éminemment
dangereux[réf. nécessaire]. Ils sont condamnés comme hérétiques. Ainsi
que beaucoup d'autres mouvements dissidents ou contestataires, les
cathares deviennent l'objet d'une lutte permanente. L'Église romaine
tente d'en « purifier » la chrétienté occidentale en excluant
systématiquement tout individu ou groupe mettant en péril le projet de
société chrétienne qu'elle construit depuis le début du Xe siècle. Un
critère qui sera souvent utilisé est leur refus du mariage, qui
permettra de les nommer orgiaques et impies. Une prière des confréries
corses porte toujours une mention de cette réputation de « satanales »,
lorsqu'elle dit, « chandeliers triangulaires aux cierges éteints », écho
des vices qui se pratiquaient prétendument dans les églises, une fois
les cierges soufflés, et qui renvoie à toutes les peurs de la
sorcellerie, des messes noires, etc.
Les tentatives d'éradication de l'hérésie par la prédication
Dispute
entre saint Dominique et des Albigeois, où les livres des deux parties
furent jetés au feu pour une ordalie. L’histoire raconte que ceux de
saint Dominique furent miraculeusement préservés des flammes. Peinture
par Pedro Berruguete.
L'Église catholique confie aux cisterciens,
au XIIe siècle, puis, avec plus de succès, au XIIIe siècle, aux ordres
mendiants (aux franciscains et au nouvel ordre des dominicains, ayant
reçu leur constitution en 1216) le soin de combattre ce danger de
l'hérésie. Les cathares sont difficiles à convaincre. La prédication ou
le débat doctrinal instaurés à cette fin dans le Midi de la France par
l'Église tourne court pour le moment, malgré la prédication de Saint
Dominique, qui fut par la suite mise en valeur par l'Église.
La croisade contre les Albigeois
Article détaillé : croisade des Albigeois.
Face
à cet échec de faire disparaître cette hérésie ainsi que celle des
Vaudois, le pape Innocent III lance en 1208 contre les « Albigeois », ou
cathares, la première croisade qui se déroulera sur le territoire de la
chrétienté occidentale. Avec la Croisade contre les Albigeois, il
s'agit pour l'Église de mater une hérésie, mais aussi en partie, pour le
pouvoir central de la royauté française, de soumettre les seigneurs du
Sud, ses vassaux trop indépendants. Néanmoins Philippe Auguste, le roi
de France, ne voudra jamais participer personnellement à cette croisade,
mais il laissera ses vassaux libres de toutes actions. La guerre durera
vingt ans (1209–1229). Il faut savoir que les domaines que tenaient le
comte de Toulouse étaient d'une richesse enviable. Eudes III Duc de
Bourgogne, le comte de Nevers et le comte de Saint Pol prirent la tête
des troupes levées par le pape. Simon IV de Montfort deviendra le chef
de la croisade après la prise de Carcassonne. En effet, Eudes III décide
de rentrer sur ses terres ainsi que le comte de Nevers et celui de
Saint Pol après avoir fait leur quarantaine. Ils n'acceptent pas la
proposition d'Arnaud Amaury qui est de prendre les terres de Trencavel,
ne voulant pas faire d'ombrage au roi de France. Cependant Eudes III
restera encore quelques jours mais finira par rentrer chez lui. C'est à
ce moment qu'Arnaud Amaury donnera la tête de la croisade à Simon IV de
Montfort, ainsi que les terres de Trencavel et le titre de vicomte de
Carcassonne.
La lutte armée pour « pacifier » le Languedoc se
poursuivit dans le Midi tout au long du XIIIe siècle. Elle est relayée
sur un plan spirituel par l'institution de l'Inquisition, créée en 1231
pour convaincre les cathares de revenir vers la foi catholique,
apostolique et romaine.
La tâche de l'Inquisition fut facilitée
par le refus du serment que pratiquaient les cathares. Ainsi, lorsqu'un
inquisiteur interrogeait un parfait, les plus convaincus étaient faciles
à détecter. Les inquisiteurs (surtout les Dominicains) notaient
soigneusement tous les interrogatoires et ainsi tous les Bons Hommes
furent l'un après l'autre arrêtés suite, souvent, aux révélations de
leurs pairs. De plus, un cathare ne pouvait être sacré que par un
parfait et les mourants ne pouvaient recevoir l'Absolution
(consolamentum des mourants) que des mains d'un parfait. Que ce soit une
tactique déterminée ou pas, l'Inquisition, en faisant disparaître le
clergé cathare, fit disparaître le culte avec lui, ce qui était le but
recherché.
Le sac de Béziers La ville de Béziers abritait des
cathares ; elle était tenue par les Trencavel, vassaux des comtes de
Toulouse - excommuniés par le pape en raison de leur trop grande
tolérance envers les Cathares. La mémoire Biterroise conserve une place
particulière à une date pendant cette période : le 22 juillet 1209. Ce
jour-là, la Croisade des Albigeois, contre les Cathares, se traduisit
par le sac et l’incendie de Béziers, et par le massacre d'une partie de
sa population (le chiffre de 20 000 personnes, souvent cité, est
considérablement exagéré, car la population totale de Béziers ne
dépassait pas à cette époque 8 000 habitants), cathares comme chrétiens ―
il n'est plus question ici de lutte religieuse, mais de combattre les
hommes de seigneurs excommuniés et rebelles ― en l'église de la
Madeleine.
Le moine allemand Césaire de Heisterbach (dont Régine
Pernoud précise qu'il est un auteur « peu soucieux d'authenticité »)
relate dans son Livre des Miracles, qu'il écrit dix ans après les faits,
qu'Arnaud Amaury, le légat du pape, à qui on demandait comment
différencier les cathares des bons catholiques de Béziers pour les
épargner, déclara « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les Siens. » Cette
déclaration ne se trouve dans aucun document historique, et elle n'a
vraisemblablement jamais été prononcée, mais est employée fréquemment
depuis le film de télévision sur les cathares La caméra explore le
temps.
Le dernier voyage (De Montaillou à Villerouge-Termenès)
Les
travaux inquisitoriaux de l'Evêque de Pamiers, Jacques Fournier, auront
bientôt eu raison du « Dernier Parfait », Guilhem Bélibaste. Ce
dernier, après avoir commis un meurtre (1305), fut contraint à l'exil,
puis, après une pénible initiation, fut ordonné parfait. Pour fuir
l'inquisition, qui se faisait de plus en plus présente, il alla se
réfugier en Catalogne, puis à Morella, en haut pays valencien (1309),
d'où il allait régulièrement prêcher et visiter la « diaspora » des
hérétiques en exil installés dans toute cette région. En 1321, Arnaut
Sicre le convainc de l'accompagner chez sa tante, dans le comté pyrénéen
du Pallars, à la lisière du comté de Foix. Cela s'avéra être un piège
imaginé par Fournier, dont Sicre exécuta la manœuvre par cupidité et
pour venger la mort de sa mère victime elle-même du bûcher. Emprisonné
et jugé à Carcassonne, il fut condamné au bûcher par l'inquisiteur Jean
de Beaune. C'est à Villerouge-Termenès que le « dernier Bon Homme »
acheva son ultime voyage par le feu (1322). Les quelques derniers
hérétiques furent emprisonnés, jusqu'à ce qu'à partir de 1329, on
n'entendit plus parler de « Bons Hommes » ni de « Bonnes Femmes » en
pays occitan.
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