Clément Ader, l'homme qui donna des ailes au monde
Louis Castex
Librairie Plon (1947)
Edition originale
Relié 119 pages 22 x 15,5.
14 gravures hors texte
Bon état mais bas de la tranche de
couverture égratigné et scotché
Très précis ce livre retrace la vie d’Ader, ses
joies et ses peines
Clément Ader,
est né le 2 avril 1841 à Muret (31) et mort le 3 mai 1925 à Toulouse.
Pionnier de
l'aviation, il le premier à avoir fait faire un petit bon un engin motorisé
plus lourd que l'air en 1890.
Considéré par
ses professeurs comme un élève très sérieux, particulièrement doué en
mathématiques et en dessin, il obtint son baccalauréat à 15 ans.
La section industrielle de son école menait à
un diplôme d'ingénieur (équivalent à celui des Arts et Métiers, il en sortira
diplômé en 1861.
Il entrera en
1862 à la Compagnie du Midi comme conducteur de travaux pour la construction de
lignes de chemin de fer pendant quatre années environ, durant lesquelles il
apprend le métier d’ingénieur par la pratique.
Clément Ader
était un inventeur imaginatif et fécond : les chenilles de chars, la transmission de son
stéréophonique ou « théatrophone », le câble sous-marin, un projet
d'embarcation à ailes rasant la surface, les moteurs en V.
Son cerveau
bouillonnait toujours d'idées, on a retrouvé des croquis de turbines et de
réacteurs dans ses carnets de notes.
Ader va
consacrer une grande partie de sa vie à l'objectif de faire voler un appareil
plus lourd que l'air. Ses recherches et travaux coûtant cher, il trouvera en la
personne d'Isaac Pereire un parrain à la fois généreux et avisé.
Pendant la
guerre de 1870, il sera employé comme scientifique et tentera sans succès de
réaliser un cerf-volant capable d'emporter un homme.
En 1874, Ader
construira un planeur de neuf mètres d'envergure, pesant 24 kg, et
susceptible de recevoir un moteur.
Ayant
convaincu le ministre de la Guerre de financer ses travaux, Ader (aidé de
Ferdinand Morel, un ingénieur qui a dessiné les plans de l'avion Chauve-souris)
mettra au point des prototypes dont les voilures sont inspirées de
considérations naturalistes, imitant l'aile de la chauve-souris.
Ader pensait
qu'une fois le vol maîtrisé, une aile rigide inspirée de celle des oiseaux
serait plus efficace et plus solide. Il comprit qu'il ne fallait pas tenter de
reproduire le battement des ailes d'oiseau mais d’adopter le concept de voilure
fixe comme l'avait fait George Cayley auparavant.
Entre 1890 et
1897, il va réaliser trois appareils : l'Éole, qu'il financera
lui-même ; le Zéphyr (Ader Avion II) et l'Aquilon (Ader
Avion III) financés par des fonds publics.
L'Éole,
équipée d'un moteur à vapeur de 20 ch, est une machine à la voilure
complexe, inspirée dans sa forme de celle de la chauve-souris. Sa géométrie est
modifiable en vol à l'aide de six manivelles. On peut ainsi faire varier la
surface, pivoter les ailes d'avant en arrière, modifier la cambrure et fléchir
les bouts d'aile vers le haut ou vers le bas. Il existe également un réglage du
moteur et des pédales pour la direction au sol. Néanmoins il n'y a pas de
gouverne de direction en vol. L'hélice de l'Avion possède quatre pales ayant
l'apparence de plumes, confectionnées en tiges de bambou, barbes en toile et
papier de Chine, nervées par un fil de bambou.
La première
tentative aux commandes de l'Éole a lieu le 9 octobre 189O dans le parc
du château de Gretz-Armainvilliers, au sud-est de Paris.
Les traces
laissées par les roues dans le sol meuble ont été moins marquées à un endroit
et ont totalement disparu sur une cinquantaine de mètres. Son engin aurait donc
quitté le sol ; Ader avait effectué ce jour-là le premier décollage
motorisé d'un engin plus lourd que l'air mais les seuls témoins étaient ses
employés.
Intéressée par
le projet, l'Armée contacte Ader, va effectuer un deuxième vol à bord de l'Éole
en septembre 1891. L'appareil impressionnera positivement les militaires qui
commanderont à Ader un appareil plus puissant.
Ader
commencera alors la construction d'un second appareil, évolution du premier
mais présentant des similitudes avec l'Éole : l'appareil était
monomoteur bicylindre à vapeur ultraléger de 20 ch et 35 kg.
Ce modèle ne
sera pas achevé ; il servira de base à l'Avion III (Aquilon),
appareil bimoteur (et à deux hélices), cette formule était censée réduire les
problèmes d'instabilité de l'Éole. Il devait embarquer un pilote et un
observateur.
Les essais
suivants auront lieu au camp militaire de Satory, une aire circulaire de
450 mètres de diamètre permet la démonstration officielle. Le 12 octobre
1897, Ader effectua un premier tour sur ce circuit à bord de son Avion III. À
plusieurs reprises, il sentira l'appareil quitter le sol, puis reprendre
contact.
Deux jours
plus tard, alors que le vent &tait fort, Clément Ader lança sa machine
devant deux officiels du ministère de la Guerre.
M. Binet,
lieutenant du premier génie, déclara à l'issue de la démonstration : « Il
fut cependant facile de constater, d'après le sillage des roues, que l'appareil
avait été fréquemment soulevé de l'arrière et que la roue arrière formant le
gouvernail n'avait pas porté constamment sur le sol. »
Les deux
membres de la commission le virent sortir brusquement de la piste, décrire une
demi-conversion, s'incliner sur le côté et enfin rester immobile (il semble
que, la roue arrière n'ayant plus assez d'adhérence du fait de la sustentation,
le pilote ait perdu le contrôle directionnel de sa machine, qui est alors
sortie de la piste puis s'est renversée sous l'effet du vent).
On peut en conclure
que, ce 14 octobre 1897, le Français Clément Ader aurait peut-être effectué un
décollage motorisé — mais non contrôlé — d'un objet plus lourd que
l'air.
Le ministère
de la Guerre cessera de financer Ader, qui sera contraint d'arrêter la
construction de ses prototypes (l'Éole avait coûté
200 000 francs de l'époque, soit près de 8 millions d'euros).
Après avoir
figuré en bonne place à l’Exposition universelle de 1900, l’« Avion
III » sera offert au Conservatoire des Arts et Métiers par Ader en 1902.
Ader lui-même
était si peu convaincu d'avoir quitté le sol que, dans ses communications à
l'Académie des sciences (1898) et au Congrès d'aéronautique de 1900, alors
qu'il était dégagé du secret militaire, il ne mentionne pas l'envol. Ce n'est
que neuf ans plus tard (en 1906), à la suite des premiers vols de
Santos-Dumont, qu'Ader prétend avoir exécuté une envolée ininterrompue de trois
cents mètres.
Contraint au
secret militaire (les archives de Satory ne sont rendues accessibles que dans
les années 1990), il ne parla de ses vols qu'en 1906, après ceux de Traian Vuia
à Montesson et à Issy-les-Moulineaux et de Santos-Dumont à Bagatelle.
Les travaux du
général Pierre Lissarrague, menés dans les années 1980 et 1990 (travaux basés
sur les archives secrètes de l'armée, rendues publiques dans les années 1980)
vont essayer de prouver la réalité du vol de 1897.