Alberto Giacometti prépare sa grande exposition à New York et reprend la sculpture avec enthousiasme
Alberto Giacometti prépare sa grande exposition à New York et reprend la sculpture avec enthousiasme
Lettre d’Alberto Giacometti (signée « Alberto G. ») à son amie la sculptrice brésilienne Maria Martins, écrite au moment où il va débuter, à New York, la grande exposition qui va lancer sa carrière, dans la galerie de Pierre Matisse, en janvier 1948 ; pour la première fois il va exposer ses grandes silhouettes élancées, qui vont attirer l’attention des collectionneurs et critiques d’art influents.
Pour l’heure, convalescent, il est réfugié en Suisse. « Chère amie, Depuis longtemps je voulais vous écrire et vous remercier pour votre très gentille lettre et pour le catalogue de votre exposition que j’aurais aimé voir [à la galerie Maeght à Paris] mais votre lettre m’a trouvé malade et incapable de faire quoi que ce soir. Comme je m’étais très mal réduis ces derniers mois j’ai fini par quitter Paris et venir ici mais je me remets très lentement. Ici j’ai fait des dessins pour mon exposition mais je suis impatient de reprendre la sculpture. Pourtant il fallait bien quitter pour un peu cet atelier et ce plâtre et penser à autre chose, mais pour le moment je ne pense pas grand chose et j’ai la tête un peu vide, c’est un mauvais état pour écrire une lettre. Considérez celle-ci comme un signe d’amitié, elle ne peut pas avoir d’autre contenu. Quand reviendrez-vous à Paris, j’espère vous revoir bientôt, peut-être ce printemps? Je vous souhaite un peu en retard une heureuse année, ici c’est tellement désert que je ne me suis pas aperçu du passage d’une année à l’autre. Je sais écrire peu de chose, tout ce que je sais faire c’est me promener un peu dans la neige. Très affectueusement vôtre Alberto G. »
