saisie et détruite par la justice à sa parution : une des sources des Misérables

Antoine REY-DUSSUEIL

LE CLOÎTRE SAINT-MÉRY

Paris, Ambroise Dupont, 1832 ; volume in-8 de (2 feuillets non chiffrés : faux-titre et frontispice), 404 pages, (1 feuillet non chiffré : table), reliure à la Bradel, plein papier vert foncé imitation maroquin avec pièce de titre rouge portant le titre doré au dos ; couverture non conservée.
Intérieur propre, papier bien blanc sauf des rousseurs aux 7 premiers et à 12 des derniers feuillets, ainsi qu’à environ une trentaine de feuillets ailleurs, le reste du volume ne présentant que quelques rousseurs isolées plutôt marginales (photos sur demande). Volume non rogné : un petit manque marginal de papier, sans atteinte au texte, et quelques menus accidents marginaux. Les tranches sont un peu roussies (la supérieure empoussiérée, avec quelques rousseurs soutenues).
Reliure solide et en bon état sauf traces usuelles de frottement aux coiffes - celle de tête avec un petit accroc - ainsi qu’aux mors.

Frontispice de GIRARDET, gravé sur Chine monté (repris en couverture, laquelle n’a pas été conservée).

Édition originale portant mention abusive de 2° édition, comme l’exemplaire qui figure au catalogue de la bibliothèque CHAMPFLEURY (relié avec le « Monde nouveau » du même auteur, sous le N° 592), et celui qui est décrit dans la Bibliographie de la France du 22 septembre 1832 sous le N° 4528.


Les exemplaires de ce livre sont extrêmement rares, y compris en bibliothèques publiques (seulement quelques-uns signalés dans le monde), la justice ayant saisi et fait détruire tout le stock imprimé.

L’auteur, insurgé républicain et journaliste séditieux, avait en effet participé aux journées des 5 et 6 juin 1832, « Première insurrection républicaine sous la monarchie de Juillet, (qui) s'acheva par une violente répression; les insurgés qui s'étaient retranchés rue du cloître Saint-Merri (ou Merry) furent en grande partie massacrés par la garde nationale. L'épisode fut immortalisé par Hugo dans Les Misérables.» (Le Petit Robert 2, 1989, p. 952).
De fait HUGO a emprunté au présent récit de nombreux détails, le déroulement, la topographie, et jusqu’au modèle de Gavroche pris sur le personnage du petit Joseph, âgé de seize ans. REY-DUSSUEIL raconte ces combats acharnés de façon enflammée mais véridique, et y ajoute trois documents : la relation que la police distribua ensuite dans la rue, et deux témoignages écrits très précis, recueillis auprès d’autres combattants républicains (pp. 373 à 404, en typographie plus serrée).

Antoine REY-DUSSUEIL (1798-1851), journaliste et romancier très hostile à la restauration, est né et mort à Marseille où il publia en 1820 avec son ami Joseph MÉRY la revue Le Caducée, très tôt censurée. Il collabora au Mercure de France, puis à diverses publications républicaines, publia plusieurs livres dont la Fin du monde, histoire du temps présent et des choses à venir et traduisit les Fiancés de MANZONI. Il serait mort quasi-fou, très malade et dans un grand dénuement.
Voir Dumesnil (René) : L'origine de deux livres des Misérables (L'idylle de la rue Plumet et l'Épopée de la rue Saint-Denis) in : Mercure de France n° 91, 1er mai 1911, pp. 77-93. Voir aussi : Vicaire, Manuel, VI, N° 1100.

AUTRES IMAGES SUR DEMANDE ACCOMPAGNÉE D'UN E-MAIL PERSONNEL