HISTOIRE ET LÉGISLATION DES

ORDRES DE CHEVALERIE

MARQUES D'HONNEUR ET MÉDAILLES

DU SAINT SIÈGE

D'APRÈS LES SOURCES OFFICIELLES


Avec une Introduction sur les Ordres religieux et militaires

par le marquis Frédéric Guigue de Champvans de Farémont

Membre de l'Académie Pontificale de l'Immaculée Conception, de l'Académie Pontificale Tiberine et de l'Académie Pontificale des Arcades. Docteur en Droit "Honoris causa", Conseiller Aulique Privé Royal Monténégrin. Président de l'Institut Historique et Héraldique de France, Membre de l'Académie Royale Hispano-Américaine des Sciences et des Arts à Cadix, Membre de l'American Heraldry Society, etc.


Il s’agit en réalité de Frédéric Hahn, personnage haut en couleur né en 1886 à Vienne.
Fondateur de l’Institut littéraire et artistique français et de l’Institut historique et héraldique, il fut impliqué en 1914 dans un trafic de décoration (acquitté) et condamné en 1936 à six mois de prison, après avoir offert, contre argent, un poste de consul de l’Équateur à un inspecteur de la sûreté nationale dont il ignorait la fonction.

"Une bien belle carrière d’aventurier vient de se terminer, celle de Frédéric Hahn, marquis Guigue de
Champvans de Farémont. Elle s’est terminée comme bien d’autres carrières d’aventuriers ; en prison […] Frédéric Hahn, né à Vienne, en Autriche, le 30 décembre 1886, devait, dès son plus jeune âge, connaître l'instabilité du sort. Il fut adopté par un riche Hongrois, d’origine française, dont il ne devait pas manquer, pour servir ses desseins, d’utiliser plus tard le nom. Les relations de son protecteur lui permirent d'obtenir facilement la nationalisation française. Et, dès 1914, le personnage se signala par une activité assez particulière. On l’eût pu prendre volontiers pour un mécène, pour un diplomate particulièrement distingué, pour un intellectuel de haute classe, pour un protecteur aimable des lettres et des arts, car il fonda des œuvres philanthropiques : l’Institut littéraire et artistique de France, l’Institut historique et héraldique, le comité pour l’émigration en Équateur, dont il se prétendait un des plus hauts diplomates. Au vrai, on le put voir en son magnifique uniforme dans les somptueux salons de l’hôtel particulier qu’il occupait, 24 rue Leconte de Lisle. Et son jour le moins glorieux ne fut pas celui où il dédia au président de la République son ouvrage sur «les Ordres des chevaleries et tous autres dans l’Univers » […] Tel Français, ou tel étranger surtout, voulait-il être décoré, nommé consul, voir annuler un arrêté d expulsion ? Le marquis pouvait leur faire obtenir tout cela. Mais non point gratuitement. Tout était tarifé. Il s agissait de rémunérer, affirmait-il, certains fonctionnaires […] Depuis de nombreuses années, la sûreté nationale était au courant des véritables moyens d’existence de Frédéric Hahn. Mais elle n’avait pu le prendre en défaut, celui-ci fort habilement, n’acceptant jamais directement de l’argent de ses dupes, mais plaçant entre elles et lui des tiers. C’est une imprudence qui lui vaut d’être aujourd’hui, sous les verrous. N’a-t-il pas offert, contre argent, à un inspecteur de la sûreté nationale dont il ignorait évidemment la fonction un poste de… consul d Équateur ? 

Le Télégramme des Vosges – 14 juin 1936




PARIS, INSTITUT HISTORIQUE ET HÉRALDIQUE DE FRANCE, 1932 (tome 1) - 1933 (tome 2).

2 volumes relié, in-4° (23 x 32 cm) de XLVIII, 36, LV pages (tome 1) - 80 pages (tome 2), texte encadré de rouge, nombreuses illustrations dans le texte dont certaines vignettes couleurs contrecollées. Jolie reliure moderne en demi chagrin cerise, dos à nerfs titrés et tomés or, couvertures d'origine intégralement conservées (plat et dos).

Bel exemplaire, en très bon état, infimes frottements au coins et légère insolation des dos. Intérieur très frais, petits frottements et salissures sur les couvertures d'origine.



La Société archéologique de France vient d'éditer un ouvrage très important consacré aux Ordres de chevalerie et aux décorations pontificales. L'auteur, M. le comte de Champvans, donne l'historique de 61 Ordres de chevalerie ou distinctions anciennes et modernes, dont un bon nombre sont encore actuellement conférés : il y décrit dune façon détaillée les insignes, rubans et uniformes appropriés en y joignant la traduction fidèle des documents de fondation, modification, formules d’investiture, etc., puisés aux sources officielles et dans les archives. De très nombreuses gravures contribuent à faire de ce livre une œuvre de premier ordre. Ce volume, qui n'a son équivalent ni en France ni à l'étranger, est indispensable à tous les membres des Ordres pontificaux et à toutes les personnes honorées d’une distinction par le Saint-Siège. Ce bel ouvrage aura une portée plus haute. Il dira quelle époque de foi fut le Moyen-Age pour avoir suscité ces Ordres religieux et militaires dont l'histoire est une merveilleuse épopée ; il dira encore quelles réserves de dévouement et de vaillance l’Église catholique garde à travers le monde, elle qui a dû créer des distinctions si expressives et si variées pour honorer la gloire et les services de ses fils les plus méritants.

La Croix – 29 août 1913 (à propos d’une première édition de cet ouvrage par la Société archéologique de France).