VOYAGE À LA SIERRA
NEVADA DE SAINTE-MARTHE
Paysages de la nature
tropicale
Élisée Reclus
Année 1881 (2ème
édition) agrémentée de 21 gravures et d’une carte
Librairie Hachette
et Cie à Paris
Charmant cartonnage
éditeur décoré – format 11x17,5 – 337 pages – pages de garde de couleur bleue –
3 tranches couleur (rouge) – tranchefile
Thèmes : géographie – Amérique du Sud –
voyages - récits
État : bel état, quelques rousseurs, propre et solide
Particularités : ouvrage rare et recherché.
Repères
En 1855, le
jeune Elisée Reclus (il a 25 ans) passe deux années dans la Nouvelle-Grenade
(actuelle Colombie), particulièrement dans le massif montagneux de la Sierra
Nevada de Santa Marta, à proximité de Carthagène. Région tropicale, isolée et
en devenir mais ô combien passionnante pour l’utopiste qu’est Elisée Reclus !
Son compte-rendu (publié en 1881 dans sa deuxième édition) est à la fois un magnifique
récit de voyage où, sans parti-pris, la connaissance des diverses populations
et de leur existence le dispute à celle des lieux et des paysages. « ... Je ne
le cacherai point : j’aime la Nouvelle-Grenade avec autant de ferveur que ma
patrie natale, et je serais heureux de faire connaître à quelques-uns ce pays
admirable et plein d’avenir. Si je pouvais détourner vers cette contrée une
petite partie du courant d’émigration qui entraîne les Européens, mon bonheur
serait grand. Il est temps que l’équilibre s’établisse entre les populations du
globe et que l’Eldorado cesse enfin d’être une solitude ! »
Présentation d’une édition récente
Il y a
dans chaque ville, ou presque, une rue ou avenue Elisée Reclus. Il y a même à
Lima-San Isidro une calle du nom de cet homme universel. Géographe et
anarchiste du XIXe siècle (1830-1905), ce fils de pasteur et ancien élève des
frères Moraves aurait pourtant dû illustrer cet esprit du capitalisme que Max
Weber assigne au protestantisme, s'il avait "réussi" dans la voie qu'il
s'était choisi de planteur en Colombie.
Cette
expérience, son meilleur biographe, Jean-Didier Vincent, n'hésite pas à la
comparer à celle de Rimbaud. Reclus serait ainsi exactement l'anti-Rimbaud :
"La Colombie de l'un fut l'Abyssine de l'autre". Et Vincent n'hésite
pas à qualifier d'Une saison au Paradis ce séjour d'une année au nord-ouest de
la Colombie. Le Voyage à la Sierra Nevada de Santa-Marta porte en sous-titre :
Paysages de la nature tropicale, et son biographe remarque très judicieusement
qu'alors, Reclus "invente une géographie du bonheur— faite de plantes qui
embaument et de corolles qui s'ouvrent, de chants d'oiseaux et de baigneurs qui
nagent dans l'eau transparente sur le sable micacé de la rivière, semblable à
une mosaïque d'or et d'argent— qui laisse rêveur un lecteur demeuré sous les
climats du Nord".
Place à
l'original, qui a seulement été passé au crible de l'orthographe actuelle et
internationale (quant aux noms propres) afin de faciliter le repérage des lieux
pour un lecteur qui voudrait en savoir plus : les moteurs de recherches ne
reconnaissant pas la graphie des encyclopédies de l'avant-dernier siècle.
Source :
decitre
Sur l’auteur
Élisée
Reclus, de son nom complet Jacques Élisée Reclus, né le 15 mars 1830 à
Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) et mort à Thourout en Belgique le 4 juillet
1905, est un géographe et militant anarchiste français.
Communard,
théoricien anarchiste, c'est un pédagogue et un écrivain prolifique. Membre de
la Première Internationale, il rejoint la Fédération jurassienne après
l'exclusion de Michel Bakounine. Avec Pierre Kropotkine et Jean Grave, il
participe au journal Le Révolté.
En octobre
1894, avec d'autres professeurs démissionnaires, il crée à Bruxelles
l'Université nouvelle.
Précurseur
de la géographie sociale, de la géopolitique, de la géohistoire, de
l'écologisme et de l'écologie, il était également végétarien, naturiste,
partisan de l'union libre et espérantiste.
Ses ouvrages
majeurs sont La Terre en 2 volumes, sa « Géographie universelle » en
19 volumes, « L'Homme et la Terre » en 6 volumes, ainsi que « Histoire
d’un ruisseau » et « Histoire d'une montagne ». Penseur vivant
de ses écrits, il publie également près de 200 articles géographiques, 40
articles sur des thèmes divers et 80 articles politiques dans des périodiques
anarchistes.
Repères géographiques
La sierra
Nevada de Santa Marta est un massif montagneux isolé de la cordillère des Andes
situé en Colombie. D'une altitude maximale de 5 775 m à seulement 42 km de la
mer des Caraïbes, il s'agit d’un des plus hauts massifs côtiers du monde. La
sierra Nevada couvre près de 17 000 km2 et abrite les sources de 36 rivières.
Elle comprend les départements de Magdalena, Cesar et La Guajira.