L’expédition d’Espagne est la campagne menée en par la France afin de rétablir le roi Ferdinand VII d'Espagne sur son trône. Ceci signifia donc le rétablissement de l'absolutisme et la fin du triennat libéral.
En Espagne, la campagne est connue comme « los Cien Mil Hijos de San Luis » en castillan, littéralement « les cent-mille fils de Saint Louis ».
L'organisation du commandement pose de nombreux problèmes. Il faut
donner aux fidèles des Bourbons l'occasion de montrer leurs grades
fraîchement acquis qu'ils doivent au roi, sans compromettre ni la
sûreté, ni l'efficacité de l'armée. La solution retenue est habile : aux
anciens émigrés et Vendéens les commandements secondaires, aux anciens généraux de la Révolution et de l'Empire les responsabilités principales. Le duc d'Angoulême, fils de Charles X,
est nommé commandant en chef de l'armée des Pyrénées, malgré son manque
d'expérience militaire, mais il accepte de n'assurer que les honneurs
de son titre et la direction politique de l'expédition, laissant à son
major général, Guilleminot,
général d'Empire aux compétences reconnues, le soin de prendre les
décisions militaires. Sur cinq corps d'armée, quatre sont placés sous
les ordres d'anciens serviteurs de Napoléon : le maréchal Oudinot, duc de Reggio, et le général MOLITOR
Le prince de Hohenlohe commande le 3e corps,
le plus faible avec deux divisions au lieu de trois ou quatre et
16 000 hommes au lieu de 20 000 à 27 000 pour les autres.
Francisco Ballesteros est un général espagnol. Né à Saragosse en 1770, il est décédé à Paris le .
Capitaine lors de la campagne de Catalogne (1792-1795), destitué en 1804 à la suite d'une accusation calomnieuse de détournement, il est nommé chef des douaniers dans les Asturies. Rappelé, il se distingue pendant l'invasion française comme colonel et figure à l'affaire de Baylen. Lieutenant-général, il défend l'Andalousie contre Nicolas Soult et Édouard Mortier. À la suite de la nomination du duc de Wellington comme chef des armées en Espagne, il s'insurge et est exilé à Ceuta. De nouveau rappelé, il abjure ses principes libéraux, est promu général (1815), puis ministre de la guerre par Ferdinand VII d'Espagne. Disgracié, il est mis en demi-solde et part à Valladolid où il devient un des chefs de l'insurrection espagnole.
Gabriel-Jean-Joseph Molitor est un militaire français né le à Hayange (Luxembourg français) et mort le à Paris.
Il commence sa carrière en 1791, pendant la Révolution française. Élu capitaine, il sert à l'armée du Rhin et est promu colonel en 1795. Passé à l'armée du Danube, il se bat contre les Autrichiens au sein des divisions Lefebvre et Lecourbe et devient général de brigade en 1799. Au terme de la campagne de Suisse en 1800, il est fait général de division et après une autre campagne contre les troupes autrichiennes, il est nommé à la tête de la division militaire de Grenoble. Il conserve ce poste jusqu'en 1805, date à laquelle il est affecté à l'armée du maréchal Masséna pendant la campagne d'Autriche, et se distingue à la bataille de Caldiero. Le général Molitor est ensuite nommé gouverneur de la Dalmatie en 1806 et parvient à pacifier la région, avant d'être envoyé en Poméranie suédoise et d'être fait comte de l'Empire en 1808.
Il prend part à la campagne d'Autriche de 1809 aux côtés de Masséna et joue un rôle important dans les batailles d'Essling et de Wagram. Envoyé occuper divers postes administratifs au royaume de Hollande, il ne rejoint l'Empereur qu'en 1814, au début de la campagne de France à laquelle il participe au sein du corps d'armée du maréchal Macdonald. Inspecteur général de l'infanterie sous la Première Restauration, Molitor se rallie à Napoléon pendant les Cent-Jours et prend le commandement d'une division du 5e corps de Rapp. Disgracié un temps sous la Seconde Restauration, il participe à l'expédition d'Espagne en 1823 à l'issue de laquelle il est élevé à la dignité de maréchal de France. Il est nommé gouverneur des Invalides,En 1823, le général Molitor, appelé au commandement du deuxième corps de l'armée des Pyrénées, s'empara successivement du royaume d'Aragon, de Murcie, de Grenade, et se rendit maître des places de Malaga, de Carthagène et d'Alicante.
Ces succès le firent élever à la dignité de maréchal de France le 9 octobre 1823,Lettre officielle du général Molitor, écrite à Grenade le 23 août 1823, adressée au Major Général, guillemot en pleine expédition française d’Espagne.
Molitor commence par accuser réception de la lettre reçue le matin même :
« J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire… »
Il confirme avoir pris connaissance des informations transmises et des instructions du Major Général. Le ton est celui d’un échange strictement militaire, respectueux et hiérarchique.
le général Molitor se plaint fortement des difficultés de communiction et principalement de la correspondance militaire
apres de nombreuse reclamation , nous n'avons reçu qu'un seul courrier de france c'est un sujet continuel de plaintes que je reçois tous les jours , il faut convenir que l'on n'a jamais vu traité un corps de troupe avec une pareille legereté
La seconde lettre du général Molitor, écrite à Grenade le 24 août 1823, est adressée au Major Général,Guilleminot Cette lettre est nettement plus importante : elle traite des récompenses accordées aux loyalistes espagnols ayant aidé les troupes françaises. et notaement l'attribution de la décoration du lys aux dix royalistes espagnoles qui se sont le plus distingué à la prise de Lora
Il ajoute qu’il joint leurs noms pour que le Major Général puisse faire expédier les nominations définitives.
Molitor signale ensuite une nomination individuelle :
« J’ai également adressé une nomination provisoire à Don José Guerra de Villano y del Sol »
« à raison des bons services qu’il a rendus… à la cause Royale et aux troupes françaises »