Sue, Eugène, Aventures d’Hercule Hardi ou la Guyane en 1772,Méline, Cans et Compagnie, EO, Bruxelles, 1840. Deux volumes, 15 X10, 4 cm, 253 p. + 177 p., complet, tissu sur carton, dorure romantique sur la tranche.


Edition.

Il s’agit bien de l’édition originale. En fait, la BNF dispose de la version parisienne de Gosselin, de 1840, qui est qualifiée de deuxième édition, et qui, de surcroît, est incluse dans une série intitulée Œuvres complètes de M. Eugène Sue (un nouveau livre n’est jamais publié pour la première fois au milieu d’autres ouvrages). Cette édition est d’une extrême rareté : il n’existe aucun exemplaire dans les bibliothèques publiques françaises et Belges (le dépôt légal ne fut imposé qu’en 1965dans ce pays), et on n’en voit jamais passer en vente. Par conséquent, si vous avez besoin du texte original, celui qui est soigneusement établi par l’auteur lors de la première édition,vous ne disposerez que de cet exemplaire.


Etat de conservation.

J’ai l’impression que ce livre a été peu lu car je n’est relevé aucune corne. Il a quelques traces de frottement sur les coiffes et les coins. Le tissus est un peu décoloré, mais non le mouchetis des tranches. Le papier est un peu jauni et on remarque, de-ci, de-là, des rousseurs et des tâches qui ne gênent pas la lecture.


Intérêt du livre.

L’œuvre d’Eugène Sue ne se limite pas aux Mystères de Paris, qui est loin d’être son roman le plus intéressant (je le dis en temps que Parisien!). Ici, l’auteur à le mérite de s’intéresser à la condition des esclaves dans les colonies américaines, sans sombrer dans l’idéalisation des rapports raciaux d’une Margaret Mitchell (Autant en emporte le vent). D’ailleurs, le véritable méchant, dans son histoire, est un colon, Oultok le borgne, dont la cruauté envers ses esclaves crée de gros problèmes dans la colonie. Il agrémente son récit de descriptions de paysages qu’il a pu admirer lors de ses voyages aux Antilles. Contrairement au français de Victor Hugo et de Honoré de Balzac, le sien est idiomatique et fluide, ce qui rend son livre très agréable à lire.De plus, son exotisme a l’avantage de séduire le lecteur par des descriptions paradisiaques afin d’essayer de le convaincre qu’untel paysage ne peut pas admettre autant de laideur sociale. C’est donc par la beauté qu’il amène l’humanité vers le bien.