Lettre dactylographiée signée « Nicole », adressée à Trystan et datée à la main du 13 avril 1950. Cette correspondance appartient à l’ensemble des lettres de Nicole, pseudonyme collectif employé par Françoise Parturier et Josette Raoul-Duval.
Très intéressante lettre consacrée en grande partie au cinéma et à la préparation d’un film. Nicole explique s’être installée à la campagne après l’interdiction par la censure d’un film que devait réaliser « G. » sur l’objecteur de conscience. Elle évoque directement les conséquences de cette interdiction, qui laisse celui-ci sans travail et avec peu d’argent.
Elle décrit ensuite précisément son propre travail cinématographique : le montage du film est terminé et elle travaille désormais aux titres et aux cartons. Elle regrette l’absence de la petite caméra de Trystan, parle d'une caméra prêtée par Robert et envisage de demander l’aide de Vigneau.
Nicole souhaite limiter au maximum les commentaires parlés et les cartons et demande à Trystan de lui faire rapidement ses suggestions.
La question de la musique du film occupe également une place importante. Elle indique avoir pensé à Sergueï Prokofiev, mais devoir y renoncer en raison des droits d’auteur. Elle évoque alors des disques de musique locale achetés à Urumchi et l’aide promise par Paul pour l’enregistrement destiné au film.
Nicole insiste sur l’importance personnelle de ce travail :
« J’aimerais, ne fût-ce que pour moi, que ce film soit mené à bien et surtout j’espère en faire d’autres après. »
Elle annonce d'ailleurs avoir déjà un autre projet pour l’hiver suivant.
La lettre se poursuit par de nombreuses nouvelles littéraires et personnelles. Nicole mentionne ses lectures de Corneille, Molière, Shakespeare, Montesquieu, Tolstoï (Guerre et Paix) et Stendhal. Elle évoque également plusieurs proches, notamment Gérard, Robert, Alain et François.
Particulièrement intéressante est sa remarque sur La Beauté du Diable, qu’elle présente comme rencontrant « un grand succès », malgré des critiques qu’elle juge peu favorables. Elle demande également si Trystan a lu la série d’articles de Robert consacrée au Japon.
La lettre s’achève avec son adresse à Janvry par Briis-sous-Forges, à la « Maison de la Chanson », et la signature manuscrite soulignée :
« Nicole »
Correspondance particulièrement riche associant cinéma, censure, montage, musique de film, Prokofiev, droits d’auteur, littérature et vie culturelle française, et offrant un témoignage direct sur les projets cinématographiques de Nicole au début des années 1950.
Nicole est le pseudonyme collectif associé aux écrivaines Françoise Parturier et Josette Raoul-Duval, notamment connues pour leur collaboration littéraire et pour le roman Les Lions sont lâchés. La lettre étant signée uniquement « Nicole », il convient de conserver cette attribution collective sans déterminer laquelle des deux correspondantes en est matériellement la rédactrice.
Bon état général. Plis anciens de correspondance, quelques petites taches et marques de manipulation. Légères usures et fragilités marginales. Texte dactylographié parfaitement lisible, avec signature et date manuscrites.