JEAN DE BONNEFON
Journaliste
22 mars 1866 – 30 mars 1928
MANUSCRIT AUTOGRAPHE SIGNÉ DE SA MAIN
(12 pages)
Document exceptionnel et rare
Manuscrit original offrant un témoignage direct et précis sur les supplices infligés aux condamnés en Chine, décrit avec une rigueur presque clinique. Par la nature même de son propos et par la force de ses descriptions, ce texte constitue une source historique de premier ordre sur les pratiques pénales et les tortures systématiques, faisant de ces pages un témoignage aussi saisissant que peu commun.
« La chine est le pays où la douleur se taille en petits cristaux »
« Les missionnaires venus d’Europe, qu’ils s’appellent Taurin-Dufresse ou Chapdelaine, qu’ils soient décapités ou étranglés, vivent de même, meurent de même avec le grand air t l’a lointaine tradition des premiers martyrs de ceux qui fécondèrent le sol de Rome. »
« Martyrs de la chaîne »
Victimes d’un système où la douleur est organisée, répétée, et intégrée à la peine elle-même
Bonnefon décrit d’abord la chaîne comme l’élément central du supplice. Il ne s’agit pas d’un simple moyen de contrainte, mais d’un instrument de douleur permanente. Il parle de condamnés « chargés de chaînes d’un poids excessif », rivées au cou, aux pieds ou aux mains, qui « blessent continuellement la chair » et transforment chaque mouvement en souffrance. Il insiste sur le fait que cette chaîne n’est jamais retirée : le supplicié « dort avec le fer, marche avec le fer, travaille avec le fer ». La douleur est donc constante, sans répit, et devient une forme d’épuisement progressif.
« Ils restent prisonniers pendant des années, et parfois ils trouvent au seuil de la mort, des mots plus sublimes que le cri d’un Polyeucte, tel ce Pierre qui dit à ses bourreaux : « serrez fortement le noeud pour que j’expire à l’instant même. Il ne me reste que deux talles, acceptez les en reconnaissance du bonheur dont vous allez hâter la jouissance pour moi. » »
Bonnefon décrit ensuite le supplice du carcan, qui maintient le condamné dans une position forcée. Le corps est immobilisé, le cou comprimé, provoquant « une fatigue intolérable et des douleurs persistantes ». Il précise que cette immobilité prolongée entraîne engourdissement, enflure et parfois perte de connaissance.
« La cangue est un carcan, composé de deux planches larges et épaisses, échancrées au milieu. Ces planches sont posées sur les épaules de la victime et réunies de manière à emprisonner le cou. Le supplicié ne peut ni porter les mains à la bouche, ni resté couché. Certains martyrs ont pourtant supporté cet instrument plusieurs mois. »
Il évoque également la cage de suspension, lourde planche de bois passée autour du cou, que le condamné doit porter durant de longues périodes. Cette charge écrase les épaules et empêche tout repos réel. Le supplicié finit par rendre l’âme.
L’auteur décrit aussi les coups administrés régulièrement, non comme une peine exceptionnelle, mais comme un complément ordinaire du châtiment. Il parle de coups « donnés à intervalles réglés », destinés moins à punir un acte précis qu’à maintenir la soumission par la peur et la douleur.
Il mentionne les entraves multiples, combinant chaînes, cordes et carcans, qui rendent le corps difforme et maladroit, provoquant chutes, blessures et infections. Ces entraves entraînent des plaies que Bonnefon décrit comme « toujours rouvertes par le frottement du fer ».
« Ce petit jeu d’aiguilles à tricoter, c’est le jeu des bois croisés. Il y en a pour les pieds, il y en a pour les mains. On passe les bâtonnets de bambou entre les doigts des prisonniers, on lie fortement avec une corde et on livre la victime au supplice des punaises. »
« Les rasoirs longs et étroits servent à faire des taillades. Il enlèvent la peau par bandes en forme d’aiguillettes. »
« Ces semelles formées de quatre lames de cuir cousues ensemble et ornées d’un manche de bois servent à donner les soufflets. Quatre ou cinq coups, fortement appliqués, font perdre connaissance et si le bourreau continue, la tête enfle et les dents sont brisées. »
Les tenailles qui sont là ont deux pinces en forme de lames. Elles servent à déchirer les chairs du condamné à froid ou au feu. La blessure des tenailles froides guérit quelque fois, celle des tenailles rougies se termine toujours par la putréfaction des plaies… »
La privation est également une torture à part entière : privation de repos, de soins, parfois de nourriture suffisante. Il note que les condamnés restent « dans un état d’épuisement extrême », exposés aux maladies, sans assistance.
Enfin, Bonnefon insiste sur le caractère prolongé et systématique de ces supplices. Il écrit que le châtiment chinois « ne cherche pas à frapper vite, mais à faire durer ». La torture n’est pas un moment, mais une condition. Il conclut en décrivant ces hommes comme de véritables héros de la Foi.
Tel est en raccourci le jeu des supplices réservés aux missionnaires de France, et tous les ans des prêtres partent sachant ce qui les attend. ..
Bon état
16 cm x 21 cm
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DANS LE MÉTIER DEPUIS 1970
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