Antonio POSSEVINO : DE NUAE MILITIS GALLI, Joannis Bodini, Philippi Mornaei, Nicolai Machiavelli & Antimachiavelli quibuscam scriptis, quorum catalogum inversa pagina indicabit. Item defensio veritatis adversus assertiones catholicae fidei repugnantes eiusdem nuac libris aspersas, auctore Petro CORTO Tornaci canonico. Eiusdem Antonii Possevini de confessione Augustana, ac num admittendo sint haeretici ad colloquium publicum de fide, de desiderio Erasmo, & secta Picardica judicium. Accessit index capitulorum initio praefixus, & alius in fine rerum omnium copiosissimus. Lyon, Jean-Baptiste Buysson, 1594.

In-8, velin doré à rabat, 8 ff. + 356 pp. + 1 p. bl., 8 ff d'index, rousseurs éparses, mouillure angulaire en marges intérieures, infimes galeries de vers en marge inférieure.

Bon exemplaire.

Le jésuite italien Possevino (1533-1611) natif de Mantoue est principalement connu pour ses nombreuses missions diplomatiques en Suède, en Russie et en Pologne pour y rétablir la paix avec Ivan le Terrible, en Transylvanie où il engagea la lutte contre les antitrinitaires. Ce théologien avait la controverse comme trait de nature. Cette affection se retrouve dans bon nombre de ses oeuvres.
Dans cet écrit de contre-réforme dédié à l'archevêque Stanislas de Gniezno en Pologne, il s'attaque aux écrivains politiques français : François de la Noue, Jean Bodin, Philippe Duplessis Mornay, Innocent Gentillet anti-machiavéliste.
Possevino avait séjourné 28 années en France notamment pour des missions mettant fin aux relations houleuses entre la Sorbonne et les jésuites de Paris. Comme prédicateur il avait pu se rendre compte de l'extension du protestantisme dans le royaume.
Le jésuite attaque et critique Jean Bodin au travers trois de ses oeuvres et certains de leurs passages jugés dangereux à savoir histoire et méthode, la démonologie et les six livres de la Républiques. Il juge Bodin trop sympathique avec les huguenots, insiste sur ses tendances judaïsantes et sa suggestion d'une papauté se voulant être héréditaire. Il le trouve trop crédule vis à vis de l'astrologie explicative, ironise sur sa tolérance des deux religions et l'exécution des sorciers, des sorcières, magiciens et autres diablotins jeteurs de sorts.
Possevino critique De la vérité de la religion chrétienne par Philippe de Mornay ; mais une large partie est réservée aux discours politiques et militaires (1587) de François de la Noue dans lequel catholiques et protestants pourraient unir leurs forces pour une croisade contre les turcs.
Possevino attaque également l'interprétation d'un texte du jurisconsulte protestant Innocent Gentillet : Discours sur les moyens de bien gouverner, condamnant les idées de Nicolas Machiavel soupçonné de vouloir introduire l'impiété dans le gouvernement.
Un court texte de 6 pp. intitulé Alterum judicium de Desiderico Erasmo... précédé d'un examen de la confession d'Augsbourg est une violente diatribe à l'égard du célèbre humaniste dans laquelle il indique quelle a été la cause de ses erreurs et combien justifiée a été sa condamnation.
En fin l'examen des sectes luthériennes, calvinistes et anabaptistes dont est impactée fortement la Picardie.
Edition augmentée d'une réfutation des discours politiques du célèbre capitaine breton François de la Noue par le prêtre catholique tournaisien Pierre Coret mort en 1602 qui prit une part active aux controverses religieuses et politiques du temps. La réfutation de Coret eut une telle résonnance que le pape Innocent IX ordonna au père Possevino de reproduire le texte dans ce recueil que le jésuite fit publier originellement à Rome en 1592.