LES MEDITATIONS METAPHYSIQUES de René DESCARTES, touchant la première philosophie, dernière édition. Revue & corrigée par le traducteur ; et augmentée de la version d'une lettre de Mr Descartes au R. P. Dinet ; & de celle des septièmes objections, & de leurs responses. Paris, Théodore Girard, 1667.

In-4, veau brun usagé (dos en partie absent, frottements, mors fendus, coins usés), 12 ff. non chiffrés + 754 pp., (défaut de papier marginal page 613/614), rousseurs éparses.

Troisième édition français reprenant celle de chez Henry Le Gras publiée en 1661 et dont il cède le droit de privilège à Théodore Girard le 6 mars 1666. René Fedé en donna une en 1673.
Chef d'oeuvre du célèbre philosophe et mathématicien (1596-1650), ce texte fondateur de la philosophie moderne parut originellement en latin en 1641. Louis-Charles d'Albert de Luynes en donne une traduction en 1647 que Descartes revit et corrigea lui-même. Il y présente l'homme comme ayant une substance essentiellement pensante qui s'oppose à son corps, qui lui est une substance matérielle.
Descartes bouleversa la métaphysique, considérant que celle décrite par la scolastique à partir de la philosophie première d'Aristote est à ranger "au placard" et qu'elle est inapte à décrire le monde tel que le conçoit la science nouvelle.
Cette oeuvre balaie les anciens préjugés et a pour but de repartir sur des choses certaines pour lesquelles le doute n'est plus possible.
Ecrite à la première personne l'oeuvre décrit un parcours de réflexion que le lecteur est invité à suivre et qui se divise en 6 méditations :
- Des choses que l'on peut révoquer en doute,
- De la matière de l'esprit humain et qu'il est plus aisé à connaitre que le corps,
- De Dieu, qu'il existe,
- De l'essence des choses matérielles,
- De l'existence des choses matérielles et de la réelle distinction entre l'âme et le corps de l'âme.
Descartes s'interroge sur la nature de l'âme et sur son immortalité, propose de nouvelles démonstrations de l'existence de Dieu, et tente de déterminer l'essence commune des objets matériels.
Texte rationaliste basé sur la certitude et trouvant son inspiration dans les mathématiques, Descartes se donne pour objectif la détermination des fondements de toute vérité sur lesquels doit reposer l'édifice de nos connaissances.
L'écrit est suivi d'un ensemble de 7 objections sur l'âme et le corps adressées à Descartes par divers philosophes et théologiens auxquels il répond (Thomas Hobbes, Antoine Arnauld, Marin Mersenne, Pierre Gassendi, Caterus, Pierre Bourdin). La quatrième adressée à Arnauld est la plus importante métaphysiquement et théologiquement parlant, Descartres se défendant d'avoir confondu dans sa théorie du jugement l'erreur et le pêché ; celle du père Bourdin est une querelle optique ; Hobbes reproche à Descartes de ne pas avoir expliqué comme il faut la distinction entre l'imagination et l'entendement. Quant à l'objection de Gassendi elle marque cette profonde opposition que se tinrent les deux philosophes à propos des méditations. La lettre au père jésuite Dinet résulte des attaques calomnieuses du père Bourdin à son encontre.

Edition peu commune vendue en l'état de la reliure.