Pierre Simon PALLAS : ELENCHUS ZOOPHYTORUM sistens generum adumbrationes generaliores et specierum cognitarum succintas descriptiones cum selectis auctorum synonymis. La Haye, Pierre Van Cleef, 1766.
In-8, veau (1 mors fendu, coiffes et coins frottés, traces noires sur un plat), dos lisse très orné, titre, épître dédicatoire au médecin Jérôme David GAUBIUS, préface, liste des auteurs ayant écrit sur les zoophytes, 28 + 451 pp. (index inclus).
Bon exemplaire.
Ce tableau des zoophytes est le premier des grands ouvrages du célèbre voyageur et naturaliste PALLAS (1741-1811) qui fut conseiller d'état de l'empereur de Russie, chevalier de l'ordre de St Vladimir, membre des académies des sciences de Petersbourg, Londres, Berlin, Stockholm.
25 ans avant cet ouvrage, les coraux, les corallines passaient généralement pour des plantes et la découverte que fit Peyssonnel de leur nature animale parut si paradoxale à Réaumur qu'en la citant publiquement il n'osa nommer son auteur. Bientôt les découvertes de Trembley sur la divisibilité du polype et les observations de Bernard de Jussieu sur les corallines de nos côtes ne laissèrent plus de doute. Un ordre entier d'être organisés passa d'un règne à l'autre. Linné l'inscrivit parmi les animaux.
Le jeune Pallas prit sur lui d'en faire la revue et le catalogue détaillé. Les collections de Hollande lui en fournirent une riche moisson, qu'il disposa avec sagacité. La netteté de ses descriptions, le soin avec lequel il rapporte à ses espèces les synonymes des autres naturalistes étaient déjà très remarquables pour un auteur âgé de 25 ans. Son introduction l'était encore plus, rejetant la division ancienne des êtres naturels en 3 règnes et y faisant voir que les plantes n'ont pas des classes marquées comme les animaux, en sorte qu'elles ne sont pour ainsi dire qu'une des classes du grand règne organique comme les quadrupèdes, les poissons ou les insectes en sont d'autres.
Mais il n'a garde d'admettre l'échelle des êtres présentée par Bonnet ; il soutient au contraire que les corps organisés sont comparables à un arbre et qu'on ne peut les disposer en une seule série sans faire violence à la nature.
Quant aux coraux il montre la fausseté de la définition que l'on en donnait alors généralement, faisant voir que leur tronc est lui même vivant et que c'est une sorte d'arbre animal à plusieurs branches et à plusieurs têtes ; un animal composé dont la partie pierreuse n'est que le squelette commun, lequel croit en même temps que les animaux particuliers, mais n'est point fabriqué par eux.
Linné fut le premier à soutenir les idées nouvelles et révolutionnaires de Pallas.
Ouvrage rare, à classer à côté des Fabricius, Linné, Lamarck et autres naturalistes novateurs.