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SALAMMBÔ

Gustave FLAUBERT


Illustrations dessinées et gravées par Gastion BUSSIÈRE 

 17 eaux-fortes hors-texte, en noir, dont 2 frontispices 

 15 bandeaux, 15 culs-de-lampe, 15 initiales ornées et 2 vignettes de titres en couleurs 

 Librairie des Amateurs - Ferroud, 1921 

 Exemplaire n°263 sur vélin d'Arches 

 Reliures demi-maroquin terre de sienne à coins signées PINARDON (auquel ont succédé SEMET ET PLUMELLE) 

 Dos à 4 nerfs 

 Entre-nerfs ornés d'un décor oriental aux fers 

 Têtes dorées 

 Filets dorés sur les plats 

 Couvertures et dos conservés 

 2 volumes in-8° - 13 cm x 19 cm

L'ŒUVRE

Fille d’Hamilcar et servante de la déesse Tanit, Salammbô donne son nom au roman, et il s’agit bien pour Flaubert de raconter l’amour brut qui l’attache à Mâtho, le chef des mercenaires employés par Carthage dans sa guerre contre les Romains ; le destin des deux héros est pris dans le tumulte de batailles et de cruautés auquel donne lieu, près de trois cents ans avant Jésus-Christ, la révolte des mercenaires au retour du combat. En 1856, Madame Bovary avait été un considérable événement littéraire. Six ans plus tard, le deuxième roman de Flaubert, très attendu, suscita pourtant des réactions contradictoires : beaucoup le jugèrent incompréhensible, lesté d’une érudition historique excessive, et finalement ennuyeux ; d’autres au contraire s’enthousiasmèrent pour son originalité profonde et sa puissance d’évocation. Ce que Salammbô pouvait alors offrir d’étrange ne s’est pas effacé, mais l’évidence, s’est imposée d’une beauté jusqu’alors inédite en littérature – la beauté d’une fable où la violence de l’Histoire se trouve somptueusement mise en scène. « Je suis las des choses laides et des vilains milieux. Je vais pendant quelques années peut-être vivre dans un sujet splendide et loin du monde moderne, dont j’ai plein le dos. Ce que j’entreprends est insensé et n’aura aucun succès dans le public. N’importe. Il faut écrire pour soi avant tout. C’est la seule chance de faire beau. » C’est ainsi que le 11 juillet 1858, Flaubert annonçait Salammbô à un de ses amis.

Le bibliophile recherche un livre pour le texte, pour l'illustration, pour la typographie et la qualité du papier. Les plus beaux livres sont le résultat d'une alchimie trouvée entre l'auteur, l'artiste et l'éditeur.

L'AUTEUR D’origine bourgeoise (père médecin), il a une enfance peu heureuse car il est délaissé par ses parents qui lui préfèrent son frère aîné. Il est néanmoins très proche de sa sœur cadette, Caroline. Il suit sa scolarité au lycée de Rouen dont il est renvoyé. Il passe seul son bac en 1840. Dispensé de service militaire, il commence alors des études de droit à Paris en 1841, qu’il abandonne en 1844 à cause de crises d’épilepsie. Il mène une vie de bohème agitée, consacrée à l’écriture et rencontre Maxime Du Camp qui devient son grand ami. En 1846 (c’est l’année de la mort de son père aussi), à la mort de sa sœur, il prend en charge sa nièce âgée de deux mois. C’est à cette époque que commence sa relation avec Louise Colet avec qui il échangera une correspondance considérable. Il commence à écrire une première version de “La Tentation de saint Antoine”, puis part avec son ami Maxime pour un long voyage en Orient. En 1851, il commence la rédaction de “Madame Bovary” qui parait en 1856. Le livre fait l’objet d’un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Flaubert est acquitté. A cette époque, il fréquente les salons parisiens où il rencontre Georges Sand, Baudelaire et Théophile Gautier. En 1858, il entreprend un voyage en Tunisie afin de se documenter pour “Salammbô”. En 1866, il reçoit la Légion d’honneur et publie “L’Éducation sentimentale” (1869). Le livre est mal accueilli par la critique. Il achève et publie, en 1874, “La Tentation de saint Antoine”, et trois ans plus tard le volume des “Trois contes”, qui comporte trois nouvelles (“Un cœur simple”, “La Légende de Saint Julien l’Hospitalier”, “Hérodias”). (Source : Babelio)
L'ARTISTE Gaston Bussière est un peintre symboliste français, né en Saône-et-Loire, à Cuisery, le 24 avril 1862 et mort à Saulieu le 29 octobre 1928. Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Lyon avant d’entrer à l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel puis de Pierre Puvis de Chavannes. En 1884, il remporte le prix Marie Bashkirtseff et expose au Salon dès 1885. Proche de Gustave Moreau, il trouve une source d’inspiration chez Hector Berlioz (La Damnation de Faust) mais aussi William Shakespeare et Richard Wagner. Il réalise les illustrations pour Splendeurs et misères des courtisanes d’Honoré de Balzac paru en 1897, Émaux et camées, de Théophile Gautier, ainsi que Salomé d’Oscar Wilde. Il a également illustré des œuvres de Gustave Flaubert et collaboré à la revue Le Monde moderne. Un temps proche de Joséphin Peladan, fondateur de l’Ordre du Temple de la Rose-Croix, Bussière expose ses œuvres au Salon de la Rose-Croix entre 1893 et 18952. Le Musée des Ursulines à Mâcon conserve un ensemble de ses œuvres.
L'ÉDITEUR André Ferroud, né à Aix-les-Bains (Savoie) le 7 octobre 1849 fonde la « Librairie des amateurs » en 1878, au n° 210 du boulevard Saint-Germain. Simple libraire jusqu’en 1886, Ferroud s’essaya progressivement au rôle d’éditeur en publiant d’abord les trois ouvrages d’un instituteur, Zéphir-Joseph Piérart : Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, La Grande Epopée de l’an II et Le Camp des Bagaudes. Lettré et réfractaire aux gros tirages et au bon marché, Ferroud désira travailler pour les seuls bibliophiles. S’intéressant aux entreprises de ses confrères éditeurs – Damase Jouaust, Henri Launette, Albert Quantin et Émile Testard, il s’entendait avec celui qui publiait un ouvrage qui lui plaisait pour faire tirer des exemplaires qui lui étaient réservés et auxquels il ajoutait souvent des planches. « J’observe d’abord que M. Ferroud ne considère pas qu’en matière de livres d’art le livre lui-même, le texte, soit une quantité négligeable. C’est un excellent principe. Je n’ignore pas qu’il y a des exceptions : certains ouvrages illisibles doivent à leur illustration d’être cotés en bibliophilie, et chèrement cotés ! Mieux vaut pourtant ne pas tenter l’aventure. M. Ferroud n’édite que des œuvres littéraires consacrées : il a grandement raison. Je remarque, en second lieu, qu’aucune de ces œuvres choisies par lui n’avait précédemment donné lieu à des éditions de luxe. Il estime et il prouve que le champ de la nouveauté est assez vaste pour qu’on ne s’acharne pas indéfiniment après les mêmes illustrations. Je puis affirmer qu’il ne songe pas à donner la moindre Manon Lescaut ! Pourquoi refaire ce qui a déjà été fait, – parfois au risque de faire moins bien ? Je m’entends : quand la Société des Amis des Livres conçoit, par exemple, une façon d’illustrer Zadig qui sera, et par le genre et par les procédés, absolument inédite, je l’approuve de donner suite à son idée ; je l’approuve surtout de réussir comme elle vient de réussir. Mais j’en ai assez, et le public aussi en a assez de ces éternels « recommencements » qui tendraient à accréditer l’opinion que les bibliophiles ne savent s’intéresser qu’à trois ou quatre livres, toujours les mêmes. Autre constatation : les éditions Ferroud sont d’un format excellent. Plus petit, les gravures seraient trop réduites ; plus grand, ce serait mal commode : il faut que le livre de bibliophile soit aisément maniable. – Veut-on maintenant que nous examinions de près l’impression ? Elle est irréprochable ; on sent que Chamerot [Georges Chamerot (1845-1922), imprimeur de la Revue des deux mondes] y donne tous ses soins. La dimension des caractères est appropriée à celle des figures dans le texte ; car il y a une juste proportion à observer, un texte trop gros écrasant des eaux-fortes trop menues. – Et la mise en pages ! Pour ne signaler qu’un point, tous les chapitres commencent en « bonne page » [ou « belle page » : page recto, toujours impaire et de droite], sans qu’il y ait jamais, en face, une de ces pages blanches qui viennent si désagréablement interrompre le texte. Mais au-dessus de tout, il y a le choix à faire des artistes pour l’illustration. M. Ferroud ne s’est jamais adressé, comme on l’a vu, qu’à des artistes hors de pair. Chaque fois, il s’est adressé à l’artiste que la nature de son talent désignait le mieux pour les sujets à traiter. Après coup, cela paraît tout simple. Nous ouvrons Hérodias, et nous nous disons qu’il était bien naturel d’en charger Rochegrosse. De même pour le Dernier Abbé et la Mouche : Lalauze n’était-il pas le vignettiste indiqué ? Eh bien ! il paraît cependant que ce n’est pas chose si facile de charger d’une tâche celui qui saura la remplir. » (Le Livre et l’Image. N° 4 – juin 1893, p. 244-245) Malade depuis 1897, André Ferroud se retira des affaires en 1903, céda sa maison à son neveu François Ferroud, qui la dirigeait déjà depuis quelques années, et mourut à Neuilly-sur-Marne [Seine-Saint-Denis],le 20 octobre 1921.
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